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A la une / Actualité

Le président du forum atakor évoque les restrictions imposées au tourisme saharien

“L’alibi sécuritaire ne tient plus”

Mohammed Zounga, président du forum Atakor. © Rabah Kareche/Liberté

à quelques jours de la tenue du premier Forum international pour la promotion de la culture et du tourisme sahariens, prévu à Tamanrasset du 18 au 21 du mois en cours, le président du comité d’organisation et néanmoins président du forum Atakor pour la promotion du tourisme saharien, Mohammed Zounga, fils de l’un des pionniers du tourisme saharien, le défunt Mokhtar Zounga, nous accorde cette entrevue où il révèle les grands axes de cet événement grandiose. P-DG de la Sarl Akar-Akar, M. Zounga nous livre aussi une analyse sur la situation sécuritaire dans le Grand-Sud. Il tient ainsi à marquer son désaccord avec les arguments avancés par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui, dans la conférence de presse qu’il a animée samedi, a tenté de justifier les restrictions imposées aux agences de voyages du sud du pays par des considérations d’ordre sécuritaire. M. Ouyahia a, en effet, estimé qu'une seule prise d'otages de touristes “détruira tout ce que l'Algérie a entrepris ces 20 dernières années et les partenaires qui nous félicitent aujourd'hui seront les premiers à nous condamner, du moins sur le plan médiatique”. Mohammed Zounga réplique, pour sa part, que “l’alibi sécuritaire ne tient plus avec la fermeture des frontières et la vigilance renforcée des éléments de l’ANP”, appelant l’État à faire confiance aux professionnels du secteur.


Liberté : Tamanrasset s’apprête à accueillir la première édition du Forum international pour la promotion de la culture et du tourisme sahariens pour laquelle de gros moyens ont été déployés. Pouvez-vous nous en parler davantage ?
Mohammed Zounga : Cette manifestation, qui revêt une importance particulière de par sa dimension internationale vient de raffermir notre volonté de rassembler les énergies et les volontés pour la promotion de la culture et de l’activité touristiques dans le Sahara algérien. À travers cet événement, nous souhaitons faire connaître les richesses culturelles et touristiques à l’élite algérienne et aux étrangers spécialistes du domaine, que nous invitons, d’ailleurs, à fièrement transmettre en utilisant cette riche matière, sous différentes formes et différents supports (livres, films documentaires, pièces théâtrales…) portant sur le potentiel patrimonial dont dispose la région. Un patrimoine matériel et immatériel qui remonte aux temps préhistoriques et que nous avons le devoir de valoriser, de préserver et de protéger. Malgré les folles rumeurs véhiculées sur l’instabilité sécuritaire dans ce vaste territoire du pays, le Sahara reste un lieu de villégiature très prisé et une destination privilégiée des adeptes du désert. Je pense que ce forum intervient à point nommé pour démentir ces bobards en présentant une toile authentique de cette région qui attendrit les cœurs les plus endurcis.

D’après vous, la situation sécuritaire est totalement maîtrisée dans le Sud. Ce n’est pas l’avis du chef du gouvernement qui a, lors de sa dernière sortie médiatique, insisté sur le maintien des restrictions sur le tourisme saharien en appelant à plus de vigilance…
L’État a mis le paquet pour sauvegarder l’unité et la stabilité nationales. Les autochtones de l’Ahaggar ont, sans l’ombre d’un doute, adhéré  inconditionnellement à cette démarche. Nous avons toujours honoré nos engagements citoyens en relevant les défis imposés par les enjeux géostratégiques dans cette région dont le nom est malheureusement associé aux fléaux de la contrebande et du terrorisme. Personnellement, je fais partie d’une génération qui a grandi avec ces histoires relatant l’irrédentisme de nos fervents nationalistes et les épopées de nos vaillants martyrs. On a vécu une période difficile après la fermeture des sites touristiques de l’Ahaggar que mon défunt père avait même soutenue dans l’intérêt national et plus particulièrement pour préserver la réputation de cette région qui jouit d’une renommée internationale. Mais les choses ont beaucoup changé depuis et je pense qu’on n’est pas dans la même situation puisque l’alibi sécuritaire ne tient plus avec la fermeture des frontières et la vigilance renforcée des éléments de l’ANP. L’État doit nous faire confiance. Avec l’ouverture de certains circuits, l’activité touristique a timidement repris, mais nous restons toujours optimistes. C’est l’un des objectifs assignés à ce forum devant impliquer tous les tour-opérateurs de la wilaya pour conforter la relance du tourisme, pas uniquement à Tamanrasset, mais dans tout le Sahara algérien. Nous avons décidé de déroger aux règles dictées par nos partenaires traditionnels et nous orienter vers d’autres marchés touristiques et d’autres horizons pourvoyeurs de ressources. Le forum vise ainsi une nouvelle clientèle venue des pays qui s’efforcent de coopérer durablement avec l’Algérie et dans plusieurs domaines, dont la Chine, la Turquie, la Russie et le Japon.

Ces pays sont-ils invités à cette première édition ?
Nous avons pris attache avec plusieurs pays étrangers pour donner de l’ampleur à cet événement et pour que son écho puisse retentir partout dans le monde. Deux pays seulement, en l’occurrence la Russie et l’Afrique du Sud, ont confirmé leur participation. Pour cette première expérience, nous pouvons nous enthousiasmer pour l’épanouissement de l’activité touristique dans la région, notamment avec l’élan de collaboration enregistré par les responsables favorables à cette initiative louable à bien des égards, dont les ministres de la Culture et du Tourisme, le wali et le P/APC de Tamanrasset. Nous sommes conscients de la complexité de cette mission et de la lourde responsabilité que nous devons tous assumer pour garantir réussite et succès à cette manifestation culturelle et touristique. Nous avons déployé beaucoup de moyens pour parvenir à produire l’un des meilleurs tableaux sur le désert algériens et du coup faire positivement parler d’une région que nos concurrents étrangers veulent, vaille que vaille, enterrer dans les zones à risque.

Quelles sont les activités prévues dans le cadre de ce forum ?
Avant d’aborder le volet organisation, j’aimerais  préciser que nous ambitionnons de relancer un tourisme de qualité à hauteur de cette région millénaire qui n’a rien à envier aux grandes destinations internationales. Un campement gigantesque regroupant une soixantaine de tentes de vélum dressées par des représentants de toutes les tribus de Kel Ahaggar sera installé au village Izarnane où est prévu un éventail d’activités artistiques et scientifiques. Le campement prendra la forme de “temba” (littéralement le pas) comme pour signifier la volonté de concilier la modernité et l’authenticité en restant sur les traces de nos aïeux qui nous ont légué un patrimoine d’une valeur inestimable. Le campement abritera des soirées folkloriques, des concours sur la gastronomie traditionnelle et des soirées d’études animées par d’éminents chercheurs en anthropologie et en tourisme. Des visites touristiques seront organisées dans la boucle de l’Atakor et vers le majestueux mont de l’Assekrem.
Les hôtes de l’Ahaggar auront l’occasion de voyager dans l’ère paléolithique et néolithique de la région en se rendant au centre d’interprétation de l’Office national du parc culturel de l’Ahaggar. Des journées d’étude sur la promotion touristique sont également prévues au centre universitaire de la wilaya de Tamanrasset. Beaucoup d’autres surprises sont aussi au programme de cette édition. Je tiens enfin à préciser qu’il faut toujours se rappeler que la culture est le principal argument d’une société, d’un peuple ou d’une civilisation. C’est l’identité et la réflexion même de ce que l’homme a le devoir d’exprimer, quelle que soit la manière utilisée. Sauf que chez les Kel Ahaggar, on ne peut pas parler d’homme ni de son évolution sans évoquer le désert du Sahara, ce vaste musée à ciel ouvert.  

 


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