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A la une / Actualité

Mobilisation pour un développement économique équilibré

L’arbitraire nourrit la révolte

Les actions du comité de soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques démontrent la reprise en main de la protestation par la rue qui a pris conscience des enjeux économiques à l’échelle locale en portant sa voix au-delà de l’habituelle réclamation de “sa part de développement” observée à travers le territoire national ces dernières années. Parce qu’elles dépassent ce cadre limité de la revendication sociale, logement, routes, transport, écoles… somme toute légitime tant elle révèle, d’une certaine manière, une injustice dans l’investissement public en la matière. Elles mettent à nu les distorsions, les anomalies sinon les incohérences des pouvoirs publics dans les choix et la répartition inéquitable des investissements consentis ces vingt dernières années.
Malgré l’énorme manne financière dépensée, plusieurs régions n’en ont pas bénéficié, à l’image de Béjaïa qui n’a bénéficié d’aucun projet économique si l’on excepte la pénétrante autoroutière qui n’est d’ailleurs toujours pas achevée. Les rares investissements publics de la wilaya sont tournés en dérision : “Une prison, une caserne de police et un hôpital psychiatrique !”, s’amusent à rappeler les habitants. Et l’on évoque avec regret la délocalisation de la raffinerie de pétrole à Tiaret… sur décision politique, soupçonne-t-on.
D’autres wilayas souffrent de cette exclusion des investissements publics que certains responsables justifient par la rengaine de la rareté d’assiettes foncières.
Argument d’autant plus fallacieux que des terres agricoles ont été déclassées dans d’autres régions pour implanter des projets industriels. Résultat des courses : concentration des projets pour des régions et bond de la courbe du chômage pour les autres. Et un déséquilibre régional jamais atteint depuis l’Indépendance. Maintenant que la crise financière s’est durablement installée, les pouvoirs publics tentent par tous les moyens de rééquilibrer les finances du pays en inventant le partenariat public-privé et en incitant le secteur privé à faire plus d’efforts avec instruction au gouvernement de faciliter les opérations d’investissement. Le président de la République l’a rappelé encore dans ses derniers messages comme une impérieuse nécessité et une urgence pour surmonter les effets de la crise qui se font déjà sentir.
Il a ainsi instruit le gouvernement d’accorder toutes les facilitations aux investisseurs en assouplissant les formalités administratives et en facilitant l’accès au foncier industriel. Cela pour le discours. Dans les faits, on découvre des situations hallucinantes. C’est le cas de cet investisseur qui a bénéficié d’un terrain au port de Djendjen et disposant des autorisations mais qui n’arrive pas à concrétiser son projet pour des raisons bureaucratiques.
Il y a bien entendu le cas édifiant du blocage du projet du groupe Cevital à Béjaïa.
La population ayant pris connaissance des avantages du projet en termes de création d’emplois, et de l’injustice volontaire commise, a décidé de réagir, de protester, d’interpeller le Premier ministre, le président de la République. Et d’investir la rue pour non pas pour réclamer “un droit” financé sur le budget de l’État, mais de débloquer un projet privé créateur de richesses et d’emplois mais aussi et surtout une équité dans la répartition des grands projets publics. Ainsi les autorités du pays ont contribué, involontairement, à la prise de conscience par la population de la politique économique “régionaliste” du pouvoir.

Djilali B.


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