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Taleb Ibrahimi

“L’armée doit écouter les élites et les sages”

© D. R.

Dans une lettre ouverte rendue publique hier et adressée au mouvement populaire, mais dont la teneur interpelle particulièrement Ahmed Gaïd Salah, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ahmed Taleb Ibrahimi, a exprimé de nouveau sa vision de sortie de crise, en recommandant notamment le rassemblement des articulations constitutionnelles des articles 7 et 8 de la loi fondamentale. “Aujourd’hui, devant l’impasse actuelle, marquée par l’entêtement du pouvoir et l’attachement du hirak populaire à ses revendications, j’ai vu qu’il est de mon devoir d’exprimer mon opinion et d’œuvrer à corriger certaines erreurs en veillant à rapprocher les points de vue”, a-t-il dit, d’emblée. “Il est vrai que l’institution militaire est disciplinée et évite de se mêler directement dans les affaires publiques, mais dans la situation particulière que nous vivons, elle doit écouter les propositions des élites et des sages, et ne doit pas être un appui à des institutions rejetées par la population même si elle est dans une posture constitutionnelle constante programmée pour des situations ordinaires, mais pas exceptionnelles comme celles que nous vivons aujourd’hui”, souligne l’ancien chef de la diplomatie.

En filigrane, il préconise l’abandon de l’option “article 102”. Autrement dit, il recommande d’aller à une période de transition. “La solution la plus efficace, à mes yeux, est de rassembler les articulations constitutionnelles des articles 7 et 8 avec l’interprétation qu’elles permettent, en considérant le mouvement populaire comme un référendum et certains articles de procédure permettant un transfert constitutionnel du pouvoir”, soutient-il. “La sagesse impose de privilégier ‘la légitimité objective’ sur ‘la légitimité formelle’ en prenant en considération le droit du peuple au changement continu”, insiste-t-il. “La Constitution est l’œuvre des hommes. Elle ne doit pas être en décalage par rapport au mouvement du réel ni être une embûche devant le mouvement du futur.

C’est ma vision pour sortir de la crise. Elle s’ajoute aux dizaines d’autres initiatives proposées par les partis, les syndicats et les personnalités”, ajoute-t-il encore non sans s’étonner “qu’elles n’aient pas été vues par les décideurs”.  Même s’il exclut de nourrir quelques ambitions, vu son âge avancé, M. Ibrahimi s’est dit disposé à mettre son expérience au service de la patrie pour œuvrer au retour de la souveraineté. “Ma préoccupation est de contribuer avec les autres fidèles à ce pays à trouver une issue pour sauver mon pays de l’impasse politique à moindres coûts, car la poursuite de cette situation sera un saut dans l’inconnu, en plus du fait qu’elle fragilise notre économie et menace la stabilité, incontournable pour maintenir le rythme du développement (…)”, dit-il. Au mouvement auquel il demande de maintenir la dynamique, Ahmed Taleb Ibrahimi suggère : “Nous devons tous sauvegarder cet acquis civilisationnel et concilier toutes les parties autant que possible.” Pour lui, le fait que l’armée ne recourt pas à la violence préfigure d’une nouvelle culture sur laquelle serait bâtie la démocratie de demain. 
 

Karim K.


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