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Harragas, corruption, bureaucratie et crise de confiance

L’autre bilan du président sortant

S’il était entendu que le Président, qui a fini par lever le voile sur ses intentions, allait égrener, comme de coutume, un chapelet de réalisations pour justifier son désir de rempiler, il n’en demeure pas moins qu’il a admis, à demi-mot, mais sans les assumer, une série de carences, voire d’échecs, dans sa gouvernance depuis vingt ans. Le phénomène des harragas, la lutte contre la bureaucratie et contre la corruption, améliorer la gouvernance, intégrer les jeunes dans les instances exécutives et dans les assemblées, approfondir les réformes économiques et s’ouvrir à l’opposition, dans le cadre d’une conférence projetée après l’élection, une opposition qu’il n’a jamais rencontrée, au demeurant, durant ses vingt ans de règne, faut-il sans doute le rappeler, sont autant de “préoccupations” qu’il relève et auxquelles il promet de s’attaquer, avec le concours de tous, durant le prochain quinquennat. “(…) Nous devons aujourd'hui faire face à de multiples contraintes, notamment celles liées à la croissance de la population, à la multiplication des besoins à satisfaire, à l'érosion de nos ressources financières extérieures, aux incertitudes de l’économie mondiale, aux troubles régionaux et internationaux, mais également à l'apparition dans notre société de comportements contraires aux principes d'intégrité et aux valeurs morales de respect du travail et du sens de l'effort”, écrit-il dans son message. “Je vous ai rappelé les réalisations que nous avons déjà concrétisées ensemble dans les domaines de la paix, de la concorde, des réformes et du développement. Ces réalisations demeurent à parfaire, notamment pour rétablir et consolider la confiance des citoyens dans les institutions, raffermir l'État de droit et la bonne gouvernance, et conforter un  développement économique fondé sur la justice sociale et l'affirmation d'une économie nationale d'initiative, productive et compétitive”, note-t-il. Rappelant les objectifs assignés aux “réformes” qu’il a engagées en 2011, Abdelaziz Bouteflika laisse entendre, un autre aveu sous-jacent, qu’elles sont à “parfaire”. “Consolider la confiance des citoyens dans les institutions nécessite également des réponses plus adaptées aux aspirations de notre jeunesse qui, parfois, se tient loin de la vie politique et dont certains éléments choisissent même de recourir à des tentatives d'exil, extrêmes et suicidaires”, relève-t-il, allusion au phénomène des harragas et dont il n’évoque pas les causes.
“C'est pourquoi nous devons assurer une présence plus forte des jeunes dans les instances exécutives et dans les assemblées élues, pour définir et mettre en œuvre des réponses à leurs attentes.” “Par ailleurs, pour raffermir l'État de droit et la bonne gouvernance, il nous faut d'abord vaincre le fléau de la bureaucratie grâce à une modernisation et à une décentralisation accrue de l'administration publique, mais il nous faut aussi renforcer la contribution des citoyens à la gestion des affaires locales à travers la mise en place de mécanismes de démocratie participative, pour plus d'efficience dans la gestion du service public et sa pérennité.” “Mais raffermir l'État de droit, c'est surtout consolider l'indépendance de la justice, et assurer une plus grande mise en œuvre de ses décisions. C'est aussi progresser davantage dans la lutte contre la corruption par le renforcement des organes chargés de cette mission, ainsi que par une plus grande implication de la société civile dans ce combat”, ajoute-t-il. “Approfondir” les réformes économiques, “mise à niveau”, dans le domaine social, pour concrétiser les principes “d’équité et de justice”, “améliorer la gouvernance” aussi bien dans les institutions et administrations de l'État que dans le secteur des entreprises, publiques et privées, et accorder un “intérêt à l’émergence d’une ressource humaine qualifiée aux postes de responsabilités sont autant d’autres défis à relever”, selon lui. Et sur le plan politique, il semble se résoudre à valoriser les vertus du “consensus” après avoir superbement ignoré l’opposition durant vingt ans.
“Aussi, si vous m’honorez de votre confiance précieuse, le mois d’avril prochain, j'inviterai dès cette année toutes les forces politiques, économiques et sociales de la nation à une Conférence nationale consacrée à la concrétisation du consensus sur les réformes et les changements que notre pays devra engager en vue d'aller plus loin dans la construction de son devenir et de permettre à nos concitoyens de continuer à vivre ensemble, de mieux en mieux, dans la paix et la prospérité.” Vaste chantier !


Karim K.


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