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A la une / Actualité

Exploitation effrénée des hydrocarbures pour améliorer les finances publiques

L’aveu d’échec de la gouvernance de Bouteflika

Le gouvernement Ouyahia, désigné à la mi-août, relance tous les dossiers qui ont fait polémique par le passé et qui certainement en susciteront encore. Alors que le choix du recours à la planche à billets, c’est-à-dire à l’impression des dinars, pour “financer les investissements”, décision fort critiquée par les experts, alimente toujours la controverse, voilà que le Premier ministre annonce, depuis Arzew où il a effectué avant-hier une mission d’inspection, l’amendement de la loi sur les hydrocarbures dans le sens d’un aménagement de la fiscalité appliquée aux compagnies étrangères souhaitant explorer et exploiter le pétrole et le gaz algériens et donne, par la même occasion, le feu vert pour l’exploitation du gaz de schiste, option qui avait soulevé, faut-il le rappeler, une grosse vague de contestations. Il y a lieu peut-être de s’interroger sur la quasi-simultanéité de la sortie du Premier ministre et la réunion du Conseil d’affaires algéro-américain présidé hier par le ministre algérien de l’Énergie et des Mines.
Les annonces d’Ouyahia ne se veulent-elles pas des engagements publics visant à rassurer les pétroliers américains qui, outre l’expertise et les moyens dont ils disposent dans le domaine des hydrocarbures, sont pionniers dans l’exploitation des pétroles et gaz de schiste. Cependant, même si la simultanéité des deux événements serait fortuite, il n’en demeure pas moins que les annonces intéresseraient, pour sûr, les Américains. Cela dit, c’est aussi et surtout parce qu’acculé par la crise financière, fortement ressentie, contrairement aux assurances de l’Exécutif Sellal, notamment,  que le gouvernement s’est contraint à une thérapie pas totalement exempte d’effets indésirables. La planche à billets est porteuse de grands risques inflationnistes.
L’abaissement de la fiscalité pour les compagnies étrangères pour  attirer les investissements dans les hydrocarbures est synonyme d’un manque à gagner pour le Trésor public. Ceci en même temps que  l’exploitation outrancière du pétrole et du gaz épuisera la ressource énergétique fossile, laquelle, comme on le sait, est non renouvelable. L’exploitation du gaz de schiste, qui utilise la technique de la fragmentation hydraulique, n’est pas sans risque sur la contamination-pollution de la nappe souterraine, ce qui serait un grand problème pour un pays semi-aride. Mais si le gouvernement se retient d’agir de la sorte pour tenter d’éviter au pays un étranglement financier — en a-t-il d’autres choix ? —, c’est que la chute, il y a trois ans, du prix du pétrole a impacté durement les finances publiques.
Ce qui constitue la preuve irréfragable, si besoin était, de ce que la dépense colossale consentie entre 2000 et 2014, c’est-à-dire durant les trois premiers quinquennats du président Bouteflika, ne s’est pas soldée par une émancipation de l’économie nationale de la dépendance aux hydrocarbures, comme seriné à l’époque à longueur de discours. Près de 1 000 milliards de dollars ont été, en effet, dépensés sans qu’il n’en résulte une diversification de l’économie. La politique économique du gouvernement Ouyahia trahit l’échec de la gouvernance économique  de Bouteflika marquée par une dépense excessive sans résultats probants.
L’économie nationale est toujours dépendante des hydrocarbures, peut-être même plus dépendante qu’elle n’en était il y a quelques années.  Hier encore, les douanes établissaient une hausse significative de la facture des importations des produits alimentaires, en dépit, il faut le dire, du contingentement mis en place depuis le gouvernement Sellal. Et si on débourse encore beaucoup pour importer de quoi manger ou faire à manger, c’est que les investissements pour la relance de l’agriculture n’ont pas été rentables.
Car, il est utile de le souligner, l’argent injecté dans l’agriculture devait, sur papier et dans le discours en tout cas, garantir la suffisance alimentaire, du moins y rapprocher. Le même constat vaut pour le reste des secteurs. L’échec est d’ailleurs tellement flagrant qu’il sera difficile aux partisans de Bouteflika de défendre son bilan, le moment venu.


Sofiane AÏt Iflis


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