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A la une / Actualité

Utilisation de la planche à billets

Le comité de suivi n’est toujours pas installé

La mise en marche de la planche à billets suscite encore des controverses. © D.R.

Le comité en question devait rendre public un rapport sur l’usage de cet argent et garantir, d’une certaine façon, la transparence sur la destinée de l’argent issu de la planche à billets.

L’opacité financière semble être une règle au niveau de l’Exécutif sur les questions majeures qui préoccupent le citoyen. Ce manque de transparence se manifeste à présent dans la gestion de la planche à billets et touche précisément au mécanisme de suivi. Nous apprenons en effet de source sûre, proche du ministère des Finances, que le comité de suivi de la mise en œuvre du financement non conventionnel n’est toujours pas installé. En tout cas, aucune communication officielle n’a été entreprise jusqu’à présent sur son installation. Aucun texte de loi n’est venu annoncer l’installation de ce comité de suivi et de contrôle des opérations d’impression de nouveaux billets par la Banque d’Algérie, a ajouté notre source. Face aux risques d’une hausse des prix très importante et une inflation à deux chiffres induite par l’usage de la planche à billets, le gouvernement Ouyahia avait, rappelons-le, annoncé en mars 2018 la mise en place d’un mécanisme de contrôle afin d’éviter d’éventuels dérapages. Autrement dit, un comité de suivi et d’application du financement non conventionnel ou planche à billets devait rendre public un rapport sur l’usage de cet argent. Le gouverneur de la Banque d’Algérie doit transmettre ce document au président de la République. Un décret exécutif paru au  Journal officiel n°15 daté de mars 2018 codifie ce mécanisme de suivi. Ce rapport semestriel va au-delà des informations contenues dans le Journal officiel où la Banque d’Algérie se limite uniquement à indiquer les montants en dinars imprimés mensuellement. À quelques mois de la fin de l’année 2018, aucun document n’a été rendu public par ce comité qui devait être composé par des représentants du ministère des Finances et de la Banque d’Algérie. Ce rapport, outre les informations sur les montants imprimés mensuellement, devait surtout rendre compte des mesures et actions entreprises dans le cadre des réformes structurelles adossées à ce mécanisme et qui sont énumérées dans le décret exécutif de mars 2018. Il s’agit, rappelons-le, notamment de la rationalisation des dépenses publiques, de la poursuite de la réforme bancaire et financière, de la révision du système de subventions, de l’amélioration du climat des affaires. Le comité devait également situer l’impact de l’utilisation de cet argent : est-il allé aux investissements productifs ou à la consommation ? À noter que ce comité propose le niveau du recours au financement non conventionnel et transmet un état trimestriel sur les réalisations et les actions entreprises dans le cadre de ces réformes. Cette situation a créé des zones d’ombre qui ne permettent pas d’apprécier à temps si le gouvernement a pris les mesures nécessaires pour amortir les effets hyperinflationnistes de la planche à billets et ses conséquences perverses sur le pouvoir d’achat des citoyens. En fin de compte, ce manque de transparence renseigne sur le mode de gouvernance du pays où le manque de visibilité politique et économique constitue le caractère foncier d’un régime beaucoup plus préoccupé aujourd’hui par la présidentielle de 2019 que par l’introduction de changements susceptibles d’éviter l’austérité aux Algériens et d’améliorer la situation économique et sociale du pays.                         

K. Remouche

 


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