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La corruption en Algérie en débat à Oran

“Le contexte politique favorise la prédation”

Halim Feddal, SG de l’Association nationale de lutte contre la corruption. ©D. R.

Analysant encore plus profondément ce système, l’orateur a évoqué les modifications apportées au code des marchés publics et au code des procédures pénales : du “sur-mesure, sous la pression de l’oligarchie”.

“En Algérie, nous assistons à une corruption qui est une prédation liée au contexte politique, c’est la corruption politique qui génère toutes les autres corruptions, qu’elles soient économiques, administratives… c’est la nature du pouvoir qui détermine la corruption.” C’est ainsi que le SG de l’Association nationale de lutte contre la corruption, Halim Feddal, a résumé l’objet de sa conférence, tenue hier matin, au siège d’Oran de la Laddh, ayant pour thème “La corruption : du fléau social à la prédation organisée”.
Ainsi, le conférencier articulera ses propos autour de cette problématique de la nature du régime politique “centralisé et totalitaire” et de son corolaire la “corruption”, rappelant d’emblée que la corruption dans notre pays “n’est pas née avec l’ère Bouteflika”, et qu’“elle existe depuis 1962”, soit depuis l’époque de Boumediene. L’orateur expliquera que le choix de la politique économique basée sur la rente “est un bon catalyseur de la corruption” et que “si celle-ci est un produit du système libéral, elle a été reprise à leur compte par bien des pays”. D’ailleurs, pour mieux argumenter ses propos, Halim Feddal évoquera le contexte réglementaire en Algérie, rappelant que c’est le pouvoir exécutif qui élabore les lois avalisées par “des députés que nous considérons comme un produit de la corruption. Et ils sont même un organe de cette corruption”. D’où, estime-t-il,  l’inefficacité des différents textes de loi devant permettre de lutter contre la corruption ou les organes mis en place, comme celui de l’Office  central de lutte contre la corruption, qui, selon lui, ne servent à rien.
Cette absence de volonté de lutter réellement contre la corruption, H. Feddal la voit par exemple dans la loi 06-04, “une loi permissive”, précise-t-il, “qui a décriminalisé la corruption (…)”.  Analysant encore plus profondément ce système, l’orateur exposera encore les modifications apportées au code des marchés publics, les modifications du code des procédures pénales, autant de textes très importants qui ont, dit-il, “été faits sur mesure, sous la pression de l’oligarchie pour, finalement, permettre la corruption et non la combattre, d’où cette prédation organisée”. De même, nombre d’organes de contrôle, qui sont des coquilles vides, estime-t-il, “souvent placés sous la responsabilité de la Présidence”, l’absence de séparation des pouvoirs avec une justice qui n’est pas indépendante. La presse, également, est évoquée ainsi que ses difficultés pour enquêter sur les affaires de corruption car n’ayant pas cette liberté de le faire. Et quel a été l’exemple le plus symbolique de ce système ? Ce sont les affaires Sonatrach qui, pour l’intervenant, sont révélatrices, donnant même le chiffre de 1 150 contrats passés de gré à gré entre 2011 et 2014, ou encore les 17,33 milliards de dinars de fuite de capitaux. À ce stade de sa conférence, M. Feddal évoquera les contacts de l’association avec Transparency International, notamment sur les cas de détournements de fonds, de biens algériens, de blanchiment d’argent vers des pays étrangers. Mais, souvent, dans ces cas, ils n’ont pas débouché sur du concret, les intérêts de ces pays primant et les dossiers restants une carte à jouer. Lors des débats engagés avec des universitaires, des juristes et des syndicalistes présents à la conférence, une unanimité s’est faite sur “ce système organisé de la corruption en Algérie par le pouvoir, des lois créant les conditions de la corruption qui a complètement gangrené la société”, dira un enseignant de la faculté de droit. D’aucuns mettront en relief le fait que, justement, l’association nationale de lutte contre la corruption n’a pas été agréée, ce qui est perçu comme une indication claire, mais que, pour autant, la société devrait parler et agir pour lutter contre ce fléau.

D. LOUKIL


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