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A la une / Actualité

Consultation sur l’indépendance du Kurdistan Irakien

Le coup osé de Barzani

Malgré l’opposition active de Bagdad, le Kurdistan irakien, qui a certainement profité de circonstances politiques et sécuritaires avantageuses, a organisé et réussi le référendum pour son indépendance. Depuis, la situation semble dans l’impasse. Le pouvoir central irakien et les régimes limitrophes, tel Téhéran, agissent pour faire entendre raison aux Kurdes. Bagdad a ordonné une suspension des vols de et vers les territoires Kurdes, pendant que l’Iran a gelé les échanges commerciaux (hydrocarbures) avec Erbil.
D’autres pays, aussi concernés par la question kurde, à l’instar de la Turquie, actionnent, pour l’heure, les leviers diplomatiques. Mais cela ne semble pas suffire à faire renoncer les Kurdes à leur projet d’indépendance. Le référendum, tenu, en dépit de multiples mises en garde, constitue, pour les Kurdes, l’aboutissement d’un engagement et d’une revendication très anciens.
En effet, presqu’un siècle après la promesse faite par les alliés, à la fin de la Première Guerre mondiale de créer un État kurde, le Kurdistan irakien a décidé de concrétiser ce vieux rêve en organisant le 25 septembre dernier un référendum sur son indépendance. Et le résultat aura été un oui à l’indépendance à 92,7%, de la part des 72% de Kurdes ayant participé au scrutin, auquel s’est opposé Bagdad, au même titre que plusieurs pays voisins (Syrie, Iran et Turquie) et des puissances occidentales comme les États-Unis.
C’est après le démantèlement de l’empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale, que les alliés ont promis aux Kurdes un État indépendant, dans le cadre du traité de Sèvres, signé en 1920, conformément au principe reconnu par le président américain Woodrow Wilson du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Mais, la complexité de la situation géographique a empêché la mise en œuvre de cette promesse.
Estimés à environ 40 millions,  au maximum, les Kurdes sont répartis sur quatre pays. Ils sont environ 40% en Turquie, 25% en Iran, 15% en Irak et 5 à 10% en Syrie. La première “insurrection” indépendantiste kurde a eu lieu en 1919 près du lac d’Ourmia dans le nord-ouest de l’Iran, qui n’était pas concerné par le découpage de la région, car n’ayant pas pris part à la Seconde Guerre mondiale.
Ce découpage a été modifié par le défunt président turc Mustafa Kemal Atatürk, qu’il a opéré dans le cadre des frontières de la Turquie à la date de l’armistice, c’est-à-dire avec le nord de l’Irak et la majorité des territoires kurdes. Il a ainsi récupéré la province de Kars, tout en obtenant un nouveau tracé frontalier avec la Syrie sous mandat français à cette époque.
Ces frontières ont été officiellement fixées par le traité de Lausanne le 24 juillet 1923. Ainsi, le Kurdistan est devenu une partie de la Turquie malgré la promesse faite par Mustafa Kemal Atatürk aux chefs kurdes, qui l’avaient soutenu dans l’opération. Le coup de grâce a été donné par la Société des Nations (SDN, ancêtre de l’ONU), qui a attribué définitivement la région de Mossoul au mandat britannique sur l’Irak en 1926.
L’intransigeance de Mustafa Kemal Atatürk à refuser de reconnaître la spécificité des Kurdes, d’où l’interdiction de l’usage de la langue kurde en public, a conduit de nombreux Kurdes à mener une résistance armée au cours des années 1920 et 1930. Celle-ci est écrasée par la Turquie avec le soutien de l’Irak et de l’Iran. Ce n’est que dans les années quatre-vingt que le mouvement insurrectionnel renaît avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), créé en 1978, avec sa branche armée. En Irak, les Kurdes ont été étouffés par le régime de Bagdad, qui a eu recours à la campagne militaire Anfal au moyen de gaz chimiques.
Cette opération menée par Saddam Hussein en 1988 a vu la destruction de nombreux villages et la mort de milliers de Kurdes. La première guerre du Golfe en 1991 a permis la création d’un Kurdistan autonome, reconnu par la Constitution irakienne de 2005 avec Massoud Barzani à sa tête. Le gouvernement kurde d’Irak dispose de sa propre armée, d’un drapeau, d’un hymne, d’un Parlement et d’une représentation diplomatique à l’étranger. Fort de ces prérogatives, le Kurdistan irakien est passé à l’acte le 25 septembre dernier, comme premier pas vers un État kurde indépendant. Cela met la Turquie, l’Irak et l’Iran devant le fait accompli, d’où leurs menaces de mettre en quarantaine le Kurdistan irakien si jamais il va au bout de l’opération. Il va falloir attendre les prochains mois pour être fixé sur l’épilogue de l’entreprise de Massoud Barzani.


Merzak Tigrine


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