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Secteur de l’agriculture à Mila

Le défi de l’autosuffisance

La production céréalière locale est passée de 900 000 q en 2007 à 2,7 millions de quintaux en 2016. ©D. R.

La production céréalière locale est passée de 900 000 q en 2007 à 2,7 millions de quintaux en 2016, autrement dit, elle a triplé en moins de dix ans, ce qui n’est pas négligeable comme performance.

La wilaya de Mila s’est adjugé une méritoire place dans le cercle des grandes régions agricoles du pays. De nombreux facteurs, tant naturels qu’humains, ont en fait une terre de céréales, d’arboriculture, d’élevage et de maraîchage. Tributaire à cent pour cent de la pluviométrie par le passé et dépendante, pour certains de ses besoins, des wilayas voisines, Mila a réussi à se libérer de ces contraintes et à se hisser au rang des grands à la faveur d’une politique de développement avisée, qui lui a permis, en l’espace d’une décennie, non seulement de garantir son autonomie en produits de la terre, mais de participer de manière remarquable à l’économie nationale. À titre d’illustration, la production céréalière locale est passée de 900 000 q en 2007 à 2,7 millions de quintaux en 2016, autrement dit elle a triplé en moins de dix ans, ce qui n’est pas négligeable comme performance.

Des filières agricoles explosent
À la faveur de la stratégie de développement et des mesures d’accompagnement technique et financier mises en place par les pouvoirs publics, de nombreuses filières agricoles ont enregistré un boom de production ces dernières années, plaçant du coup la wilaya dans la sphère des leaders en produits agroalimentaires. La céréaliculture, les cultures maraîchères, l’élevage animalier et la filière lait principalement ont atteint des niveaux de production insoupçonnés. En céréaliculture, malgré le stress hydrique qu’a vécu la région cette année, le secteur a pu dépasser largement les prévisions de 1,2 million de quintaux et réaliser un excédent, par rapport aux besoins locaux, de près de 400 000 q, grâce à la disponibilité de ressources hydriques que le secteur a mobilisées pour l’irrigation des étendues affectées par la sécheresse dans les communes du sud de la wilaya. “Pour sauver la saison, on a recouru aux eaux du barrage de Grouz et des forages et puits pour irriguer une étendue de 4800 ha de céréales frappée de plein fouet par la sécheresse à Oued Athmania, Oued Seguen et Chelghoum Laïd. Et les résultats sont surprenants : à Oued Athmania, on a atteint 60 quintaux à l’hectare !”, précise Messaoud Bendridi, directeur des services agricoles. Plus remarquable encore est la percée fulgurante enregistrée cette année dans le domaine de la production animale : Mila s’est hissée à la première place nationale en matière de production de viandes blanches. Avec un patrimoine avicole comprenant 7 300 000 poulets de chair, les aviculteurs de la région ont mis sur le marché local et ceux des wilayas limitrophes plus de 207 000 q de viandes blanches, selon les chiffres de la DSA.
Et la filière a encore de beaux jours devant elle, car il semble que des dizaines de promoteurs de petites affaires avicoles se bousculent au portillon. “Avec cette production qui conforte déjà notre position de premier producteur national, de nombreux autres projets d’élevages avicoles sont en passe d’être validés à Ferdjioua, Oued Athmania et Chelghoum Laïd”, révèle Bendridi. Et on ne peut évoquer les performances de la filière avicole sans passer en revue, ne serait-ce que succinctement, les respectables résultats réalisés en matière de viandes rouges et de lait, deux produits stratégiques qui pèsent toujours lourd dans la balance des importations nationales.
Il est de notoriété publique que la filière lait bénéfice de tous les égards en raison de son importance vitale. Selon la DSA, le plus gros des fonds destinés au soutien de l’agriculture a profité à cette filière. Près de 500 milliards de centimes, soit 46,09% des crédits mobilisés, ont été versés en guise de soutien à l’activité, dont 443 milliards à la collecte et l’intégration du lait cru, 7,194 milliards pour l’acquisition d’équipements et de machines à traire et 1,42 milliard pour l’aménagement d’étables. Et le mécanisme semble bien fonctionner, puisque la production réalisée en 2016, et qui a été de l’ordre de 126 millions de litres, dont 34 millions de litres issus de la collecte, non seulement elle couvre les besoins locaux en cette matière, mais participe à combler les déficits au niveau de sept wilayas de l’Est. Notre source affirme, en effet, qu’une importante proportion du lait produit localement est exportée vers les wilayas de Constantine, Batna, Sétif, Béjaïa, Annaba, M’sila et Oum El-Bouaghi.

Un secteur prometteur
Signalons que la wilaya a réussi, grâce à cette démarche de soutien aux producteurs, à se constituer un cheptel bovin laitier de plus de 45 000 têtes, dont 26 000 sujets de race locale. S’agissant du cheptel de boucherie (bovin, ovin et caprin confondus), les plus récentes statistiques parlent de 48 000 individus, une richesse qui a permis la production de 98 000 q de viandes rouges durant l’année 2016. Et les prouesses de l’agriculture à Mila ne sont pas pour s’arrêter là, car la région est également leader en de nombreuses cultures maraîchères et certains légumes secs.
Allusion faite à la culture de l’ail et des lentilles, quoique la région produise un large éventail de légumineuses et de plantes potagères. En effet, la culture de l’ail, pratiquée sur une superficie de 668 ha dans les communes de Telaghma, Chelghoum Laïd et Tadjenant, assure 60% des besoins nationaux. La récolte de la saison 2017 a été de 606 000 q, avec un rendement à l’hectare avoisinant les 600 q. Et la culture de cette plante est appelée à connaître des lendemains plus prometteurs à la faveur de la mise en service du périmètre agricole irrigué de Telaghma. Au tableau des assolements prévus dans cet espace, on retrouve l’ail avec 695,70 ha. Cela au moment où la direction du secteur ambitionne d’étendre la superficie cultivée d’ail à 2000 ha à moyen terme, selon M. Bendridi qui projette, nous a-t-il confié, de faire de ce produit un label pour la wilaya de Mila. Par ailleurs, la filière des légumes secs, tout comme celle des cultures maraîchères, ne cesse, de son côté, de faire montre de signes de bonne santé grâce à la politique d’accompagnement technique et financier prodiguée par le secteur et l’accès aux crédits bancaires bonifiés (crédit RFIG assuré par BADR banque), ainsi que les produits d’assurance alléchants dispensés par la CNMA (Caisse nationale de mutualité agricole). Ces conditions réunies ont fait que le créneau explose.
Dans les milieux responsables, on projette déjà la réalisation d’unités de conditionnement des légumes secs et d’autres de transformation des produits maraîchers locaux. “Des unités de conditionnement des lentilles, des pois chiches, des fèves et des petits pois, et de transformation de la pomme de terre et de la tomate industrielle s’imposent désormais à Mila. Ce sera notre combat dans les années à venir pour un plus grand essor du secteur”, précise M. Bendridi. À souligner que la production des légumes secs a dépassé le seuil des 40 840 q, dont 26 155 q de lentilles (70%), alors que celle des légumes a été de l’ordre de 703 589 q, dont plus de 600 000 q de pommes de terre. L’autre maillon fort de l’agriculture à Mila est très certainement l’oléiculture.
Pratiquée essentiellement dans la zone des piémonts, au nord de la wilaya, sur une superficie de 11 000 ha, la filière a pourvu le marché national en 2016 de 1 700 000 l d’huile et de 110 000 q d’olive de table. Bref, il faut reconnaître qu’on ne pourrait établir une liste exhaustive de toutes les potentialités de cette wilaya en agriculture ni cerner l’ensemble de ses performances, tellement elles sont nombreuses. Mais force est de constater que l’émergence de la profession de cette façon fulgurante n’aurait pas été possible sans la conjugaison d’une panoplie de facteurs naturels, humains et financiers, et d’une volonté du secteur d’asseoir durablement cette région de l’intérieur du pays dans une vocation qui lui va comme un gant.

Les facteurs de réussite
Les résultats probants du secteur agricole ne sont donc pas le produit d’un concours de circonstances, mais bel et bien l’aboutissement d’actions planifiées et bien réfléchies, qui prennent en compte la vocation de la région et les besoins et difficultés de la profession.
Au registre des actions ayant joué dans ce boom agricole, on retrouve les facilitations à l’accès aux crédits bancaires. La BADR, partenaire historique des agriculteurs et des éleveurs, n’a pas lésiné sur les moyens. Elle a, en effet, débloqué, au titre de l’exercice en cours, pour 1 541 704 506 DA de crédits bonifiés RFIG, au profit de 1315 dossiers validés. De son côté, la DSA, soucieuse du niveau de technicité et de maîtrise des pratiques agricoles de la population des agriculteurs de la région, a initié, durant la même période, 38 jours de formation et 364 séances d’orientation et d’information au profit de 9100 cultivateurs et éleveurs, en sus de 30 jours techniques réalisés par des instituts spécialisés et des sociétés productrices d’engrais et d’herbicides.
Franchement, on ne sait pas ce que ces facteurs (financement et assistance) pourraient bien produire, quand ils se conjuguent avec un sol fécond et riche en eau comme celui de Mila, si ce n’est une agriculture performante et résolument tournée vers l’avenir.

Reportage réalisé par : Kamel BOUABDELLAH


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