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55 ans après les tragiques évènements

Le déni persiste en France

En dépit des appels qui lui ont été lancés, le Président Hollande refuse toujours de requalifier les évènements en les désignant comme un crime d’État.

Plus d’un demi-siècle s’est écoulé depuis les massacres du 17 Octobre 1961, que de nombreuses associations anticolonialistes et de défense de la mémoire s’apprêtent une fois de plus à commémorer. Cette bataille de Paris, parfaitement décrite dans le livre éponyme de Jean-Luc Einaudi, reste un pan de l’histoire de la guerre d’Algérie, que la France refuse toujours de reconnaître intégralement comme un crime. Invité jeudi dernier, à un débat télévisé sur la primaire des Républicains, en prévision de l’élection présidentielle du printemps prochain, Nicolas Sarkozy a affirmé que le nombre (plus de 200) des victimes des derniers attentats terroristes en Hexagone, est le plus grand jamais enregistré depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il n’était de toute façon, pas question, pour l’ancien président de citer les centaines d’Algériens jetées à la Seine et portés disparus à la suite de leur arrestation par la police il y a 55 ans, surtout qu’il a constamment refusé durant son mandat (entre 2007 et 2012) de commémorer les massacres ou d’y faire une quelconque allusion. Encore aujourd’hui, beaucoup de responsables de la droite, font un déni total de ce qui s’est passé le 17 Octobre 1961. Jean-Christophe Fromentin, maire républicain de Neuilly sur Seine, a plusieurs fois refusé que sa ville accueille des festivités commémorant les massacres. Patrick Devedjian qui est de la même famille politique, a décliné quant à lui en sa qualité de président de la région des Hauts de Seine, la proposition qui lui été faite en 2011, de déposer une plaque sur le pont de Bezons, un des points de départ, dans la capitale française des manifestants du 17 Octobre. À l’extrême droite, la tentation négationniste est encore plus forte. S’appuyant sur des témoins douteux de l’époque, le Front national de Marine Le Pen, évoque encore une riposte justifiée de la police qui aurait provoqué quelques morts seulement parmi les manifestants. Le 18 octobre 1961, le Figaro reprenait laconiquement un communiqué de la préfecture de police, qui faisait mention de deux décès. Très vite après les massacres, des voix se sont élevées pourtant, y compris dans les rangs des forces de l’ordre, pour révéler l’ampleur de la répression.
Sur la base de nombreux témoignages, Jean-Luc Einaudi est arrivé à un bilan de 325 morts, au début des années 90. Mais la guerre des chiffres ne s’est pas arrêtée pour autant. Une commission diligentée par Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l’Intérieur, a fait un décompte de quelques dizaines de décès seulement, en se basant sur les registres des services médico-légaux. Le conseiller d’État, Dieudonné Mandelkerm qui dirigeait cette enquête, avait néanmoins affirmé que les statistiques obtenues n’étaient pas exhaustives. Le même constat a été établi par Jean Geronimi, un juge de la cour de cassation missionné en 1998 par l’ex-garde des Sceaux, Elisabeth Guigou. Il avait affirmé à ce propos, qu’on ne pouvait pas seulement se baser sur le nombre de corps repêchés de la Seine pour dénombrer les victimes. En 2012, le président actuel de la République, François Hollande a reconnu “la sanglante répression” des manifestations et a salué la mémoire des victimes. Pour autant, il s’est abstenu de requalifier les faits en les désignant comme un crime. Cette année encore, de multiples organisations, associées à des partis politiques de gauche, lui ont adressé un appel solennel lui demandant que l’État français reconnaisse sa responsabilité dans les massacres et qu’il fasse la lumière sur ce qui s’est passé. Se joignant à cet appel, M’hamed Kaki, sociologue et président de l’association Les Oranges affirme que la mobilisation continuera jusque ce que cette question mémorielle soit réglée. Ce 17 octobre, il prendra part ainsi que beaucoup d’autres à une cérémonie de recueillement qui aura lieu sur le pont Saint-Michel à Paris, à cet endroit- même ou des Algériens avaient été jetés dans les eaux froides de la Seine par les CRS, sous les ordres de Maurice Papon, préfet et ancien collaborateur du régime nazi.

S. L.-K.


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