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A la une / Actualité

Sa cotation en chute sur le marché informel des devises

Le dinar malmené par les rumeurs

Chute libre de la valeur du dinar sur le marché parallèle. ©Archives Liberté

Un euro s’échangeait cette semaine contre 213 DA sur le marché informel, un plus bas jamais atteint pour la monnaie nationale, alors qu’un dollar valait 187 DA.

Après quelques hésitations, le marché informel des devises a fini par céder à la psychose née de l’information selon laquelle la Banque centrale allait émettre de nouvelles coupures de billets de banque. L’explication donnée à cette opération, somme toute recevable, voire sans ambiguïté, qui précisait d’ailleurs qu’il ne s’agit que d’un coup de rafraîchissement de monnaies, n’a pas suffi à endiguer la ruée vers les devises et la rechute du cours du dinar dans les circuits de change invisibles.
La monnaie nationale affiche une lourde perte sur la semaine ; un euro s’échangeant contre 213 DA sur le marché informel, un plus bas jamais atteint par le dinar face à la principale devise du Vieux Continent. Face au billet vert, le dinar continuait d’évoluer à la baisse sur la semaine ; un mouvement identique à la parité dinar-euro de la semaine. Un dollar valait 187 DA, hier, au square Port-Saïd, une bourse illégale où la valeur du dinar est laissée à l’appréciation des cambistes qui, au fil des années, ont réussi à imposer un second taux de change du dinar. L’érosion du dinar par rapport aux principales devises a été plus marquée cette semaine ; les cambistes n’hésitant pas à pointer les velléités pour la création d’une nouvelle monnaie. Et, pourtant, il ne s’agira que d’une “substitution progressive en matière de recyclage des billets en circulation de 500 DA et de 1 000 DA, à même valeur faciale”. Le gouverneur de la Banque centrale expliquait aux dirigeants de la place bancaire et financière qu’il s’agit d’une “opération classique de rafraîchissement des monnaies déjà en circulation, certaines datant de plus de trois (3) décennies, alliant, par ailleurs, les nouvelles techniques de sécurisation et de promotion de l’évolution de l’Algérie en matière de développement et de modernisation”, a rapporté l’agence APS samedi dernier. Face à cet exposé des motifs, plutôt convaincant et sans équivoques, les cambistes sont restés de marbre, pariant sur une volonté non avouée de changer progressivement les billets de banque actuellement en circulation. Pour Madjid, cambiste au square Port-Saïd, “l’information était dans l’air depuis plusieurs mois déjà et il ne manquait plus que de passer à l’action”. Rachid nous explique quant à lui que la tension actuelle sur l’offre et la baisse du cours du dinar par rapport à l’euro et au dollar sur le marché trouve pour l’essentiel son origine dans l’apparition de ces velléités pour “le changement de monnaie”. C’est dire que le marché est comme pris de psychose au lendemain de l’annonce, par la Banque centrale, d’une émission imminente de nouvelles coupures de billets de banque et pièces de monnaie. Cette opération “ne peut être et ne doit pas être interprétée comme un changement de la monnaie nationale”, avait pourtant souligné la Banque centrale par la voix d’un de ses responsables, repris par l’APS. Cette timide communication autour de cette opération semble inciter les cambistes à surenchérir sur de probables non-dits qui se matérialiseraient, à l’avenir, par un retrait des billets actuellement en circulation et qui signifierait “un changement de la monnaie nationale”.
Dans les places de change parallèle, on murmurait depuis quelques mois déjà que le gouvernement chercherait à changer la monnaie nationale afin d’inciter les Algériens à bancariser leurs capitaux. Cela paraissait, néanmoins, peu probable, mais l’idée n’a pas été exclue par le commun des cambistes qui s’en servaient pour renchérir l’accès aux devises d’origine non-bancaire.

Ali Titouche


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