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A la une / Actualité

Recul de la diffusion, problèmes structurels, émergence de l’internet et reflux de la publicité

Le discours et la réalité

La presse algérienne confrontée à une crise sans précédent. © Archives Liberté

La manne publicitaire est devenue un instrument de pression entre les mains du pouvoir politique. Selon une règle tacite, tous les titres ou les chaînes souhaitant en bénéficier sont tenus de “montrer patte blanche”.

La directrice d’un quotidien qui entame une grève de la faim pour protester contre “l’étouffement” de son “canard” faute de publicité étatique, un quotidien, en l’occurrence La Tribune, qui met la clé sous le paillasson et une télévision, KBC, qui cesse d’émettre : comme dans beaucoup de pays, les médias algériens sont confrontés, depuis peu, à une crise, mais dont on ne peut prédire l’issue.
À la baisse de la diffusion qui touche désormais de nombreux journaux vient se greffer la réduction du flux publicitaire, conséquence de la crise économique qui impacte de nombreux annonceurs. Si des raisons internes, comme la qualité de la formation des journalistes, le management des entreprises, leur architecture et le “bidonnage” affectant le crédit du métier y ont contribué, par certains aspects, il n’en demeure pas moins que nombre de paramètres externes sont en grande partie responsables des difficultés que rencontre aujourd’hui la presse. En premier lieu, la gestion de la manne publicitaire étatique. Faute d’une loi devant la régir, et qui visiblement n’est pas encore à l’ordre du jour, à se fier au nouveau ministre de la Communication, Djamel Kaouane, cette manne publicitaire est devenue un instrument de pression entre les mains du pouvoir politique. Selon une règle tacite, tous les titres ou les chaînes souhaitant en bénéficier sont tenus de “montrer patte blanche”. En d’autres termes : ils doivent s’éloigner de la critique et, le cas échéant, participer à la propagande. Et gare à ceux qui afficheront quelques sympathies avec l’opposition ! C’est le cas, d’ailleurs, du quotidien El Fadjr de Hadda Hazem qui avait affiché de la sympathie pour l’ex-candidat à la présidentielle, Ali Benflis, et dont les interventions sur d’autres médias ne sont pas pour plaire dans certains cercles. Ce ne sont plus les règles commerciales et de concurrence qui sont de mise, devant laisser le soin au lecteur d’user de son libre arbitre, mais celles du copinage, du clientélisme et de connivence. On a vu des titres sans lecteur bénéficier d’espaces publicitaires. Outre cette distribution sectaire, il y a aussi des pressions exercées sur les annonceurs privés pour les orienter vers les médias complaisants. Enfin, l’émergence des sites en ligne a conduit à une migration de plus en plus manifeste de lecteurs vers ces nouveaux médias. Conscient de la difficulté dans laquelle se retrouvent les médias, le pouvoir politique assure, pourtant, qu’il veille à “son développement et à son épanouissement”, sans discrimination. “J’exhorte la famille de la presse algérienne à être au service des intérêts suprêmes de notre patrie en contribuant à l'éclaircissement des faits, en émettant des critiques objectives sur les insuffisances tout en œuvrant à la promotion de l'image de l'Algérie à travers le monde”, a affirmé le président de la République lors de son dernier message à l’occasion de la Journée nationale de la presse. “Partant de l'intérêt accordé à la préservation et à la consolidation des acquis de l'Algérie dans le secteur de l'information, je réitère mon appel au gouvernement pour accélérer la mise en place de l'Autorité de régulation de la presse écrite et son activation aux côtés de l'Autorité de régulation de l'audiovisuel. Je demande également au gouvernement d'activer, dès 2018, le Fonds public d'aide à la presse écrite”, avait-il ajouté. Tout en relevant que le domaine de la presse est l’un des domaines où “l'Algérie a enregistré le plus d'avancées en matière de pluralisme et de liberté politiques”, Abdelaziz Bouteflika assure qu’il réitère son “soutien à la famille de la presse (…) dans l'accomplissement de sa mission au service de la liberté d'information et des intérêts suprêmes de notre patrie, l'Algérie”. Mais entre le discours et la réalité, le fossé est profond. Et la cause de Hadda Hazem risque de ne pas être entendue.


Karim Kebir

 


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