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Marches hebdomadaires, retour de la contestation sociale, chute du prix du pétrole…

Le gouvernement Bedoui face à une rentrée sociale explosive

Le Premier ministre Noureddine Bedoui. © Archives Liberté.

Avec l’amenuisement des réserves de changes qui sont en deçà de 80 milliards de dollars et la chute du prix du pétrole qui est de 60 dollars à peine, l’Exécutif aura du mal à affronter une situation socioéconomique des plus pénibles.

C’est pratiquement un travail titanesque qui attend le gouvernement Bedoui pour cette rentrée sociale 2019 qui s’annonce fort explosive. Certes, le Premier ministre Noureddine Bedoui s’est voulu rassurant en se félicitant, lors de la réunion du Conseil de gouvernement tenu mercredi dernier, du “progrès notable en matière de préparatifs de la prochaine rentrée sociale, qui est le fruit de la mise en œuvre du programme préparatoire spécial et des décisions prises par le gouvernement à cet effet”.

Sauf que le lendemain même de cette réunion gouvernementale, l’optimisme de M. Bedoui a été démenti par la réalité des faits, à savoir le décès de 5 personnes lors d’un concert musical du rappeur Soolking suivi du limogeage du directeur de l’Onda, Sami Bencheikh El-Hocine, et de la démission de la ministre de la Culture, Mlle Meriem Merdaci.

Autre scandale ayant éclaboussé, toujours en ce mois d’août, le gouvernement Bedoui : la pénurie d’eau pendant les deux jours de l’Aïd dans plusieurs wilayas du pays alors que le ministre des Ressources en eau avait promis aux Algériens de passer une fête sans la moindre coupure de ce précieux liquide.

Et en plus des limites de certains membres de l’actuel Exécutif, la marge de manœuvre dont dispose l’équipe gouvernementale pour faire face aux vents contraires est des plus étroites. Pourquoi ? Plusieurs raisons peuvent être citées pour attester de l’incapacité du gouvernement à faire face à la difficulté.

Il y a d’abord le problème de l’impopularité, voire d’un déficit de légitimité, d’un Exécutif dont les deux têtes, le chef de l’État, Abdelkader Bensalah, et le Premier ministre, Noureddine Bedoui, sont réclamées à cor et à cri par les Algériens depuis 6 mois. Une illégitimité qui handicape lourdement l’action des deux hauts dirigeants mais aussi celle des ministres qui éprouvaient toutes les difficultés du monde à se rendre dans les wilayas pour raison de rejet populaire.

Il y a ensuite les manifestations qui n’ont pas cessé depuis février dernier et qui, tout porte à le croire, vont reprendre de plus belle à l’occasion de la prochaine rentrée sociale. La contestation peut même se radicaliser avec le spectre de la désobéissance civile agité par beaucoup de manifestants agacés par l’entêtement des tenants du pouvoir à imposer leur feuille de route.

Ce qui ne manquera pas de rendre plus complexe une situation socioéconomique déjà intenable et, du coup, compliquer davantage la tâche à un gouvernement affaibli et qui se serait bien passé de tant d’adversités. À cela s’ajoute la menace brandie par les syndicats autonomes de renouer avec la protestation dès septembre prochain pour soutenir l’insurrection citoyenne.

“En tant que syndicats autonomes nous devons revenir à la base à travers les conseils nationaux et de wilaya qui seront organisés au niveau de chaque syndicat pour prendre des décisions, mais le choix d’un retour à la protestation n’est pas à écarter en raison du processus actuel que nous n’avons pas souhaité, et donc, il faut mettre davantage de pression sur le pouvoir réel pour des solutions qui satisferont le peuple”, a averti le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyes Merabet, dans un entretien accordé le 14 août à TSA Arabi.

Autre élément qui risque d’empoisonner la vie du gouvernement Bedoui : le manque de finances pour acheter la paix sociale. Avant 2014, les gouvernements successifs ont souvent puisé dans le bas de laine plus de 200 milliards de dollars engrangés tout au long de la période faste du pétrole cher pour étouffer dans l’œuf le moindre foyer de contestation.

Avec l’amenuisement des réserves de changes qui sont en deçà de 80 milliards de dollars et la chute du prix du pétrole qui est de 60 dollars à peine, l’Exécutif aura du mal à affronter une situation socioéconomique des plus pénibles et faire redémarrer une machine économique fortement grippée. Aussi, c’est peu dire que d’affirmer que l’équipe gouvernementale est appelée à faire face, en septembre prochain, à une épreuve très difficile, voire une équation presque irrésolue. 

 

Arab Chih

 

 


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