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Archives de la guerre d’Algérie

Le gouvernement français veut jouer la transparence

© D. R.

Une circulaire signée par le Premier ministre sera publiée dans quelques jours. Elle appellera toutes les administrations de l’Hexagone à se prononcer en faveur de l’ouverture et de la déclassification de tous les fonds non encore communicables.

La France prête à ouvrir la boîte de Pandore ? C’est en tout cas ce qu’elle laisse penser. Après l’arrêté du 10 septembre dernier sur la divulgation des archives concernant l’affaire Audin, des décisions de même type devront suivre très prochainement, pour éclairer plus largement sur la période 1945-1962. 

Selon Jean-Charles Begague du Service interministériel des archives de France (SIAF), une seconde dérogation est sur les rails et va toucher les fonds en rapport avec l’ensemble des disparitions qui ont eu lieu pendant la guerre d’Algérie. “Ces disparus correspondent à des fonds souvent très différents qu’il s’agit d’identifier. Certains sont bien circonscrits, connus et étudiés et accessibles sans dérogation depuis longtemps.

D’autres sont à rechercher dans des océans plus immenses, comme les archives des juridictions qui sont soumises à de longs délais de rétention avant leur reclassification”, a souligné le fonctionnaire.

S’exprimant au cours d’une journée d’étude sur les disparus de la guerre d’Algérie, organisée ce vendredi au siège de l’Assemblée nationale, à Paris, par l’Association Maurice-Audin et l’Association Histoire coloniale, M. Begague a révélé que le Premier ministre, Edouard Philippe, va publier une circulaire, qui va demander aux administrations (y compris la Défense) de se prononcer, plus systématiquement, en faveur de l’ouverture et de la déclassification des archives sur la guerre d’Algérie. 

“Cette circulaire leur demandera aussi de verser aux archives les documents en leur possession et incitera les services des archives à inventorier plus finement et à diffuser le plus largement possible et notamment sur internet leurs instruments de recherche”, a fait savoir M. Begague, assurant que cette opération n’est pas simple, vu le contenu des archives concernées, surtout dans le domaine des disparitions. “La décision de mettre en œuvre une dérogation générale reste un défi.

Elle porte sur les preuves de l’absence et d’une pratique qui a souffert d’un déficit d’encadrement légal et qui, par nature, n’avait pas vocation à laisser des traces. Cette dérogation touche par ailleurs à l’intime. Elle interroge les mémoires de la guerre, des mémoires contrariées, parfois contraires”, a affirmé le représentant des archives nationales françaises.

Pour beaucoup d’historiens, les recherches doivent porter surtout sur le sort de milliers d’Algériens qui, comme Maurice Audin, ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires et dont les corps n’ont jamais été retrouvés.  “Jusqu’aux années 2000, le terme disparus s’appliquait uniquement aux Européens d’Algérie”, a fait remarquer l’historien Benjamin Stora, lors de son intervention.

Le directeur de L’Encyclopédie de la colonisation française, Alain Ruscio, a, de son côté, rappelé, dans un exposé, que les disparitions forcées ont été fréquentes dans tout l’empire colonial français, bien avant le début de la guerre d’indépendance de l’Algérie qui les a amplifiées.

Créé il y a une année, au lendemain de la reconnaissance par le président Emmanuel Macron de la responsabilité de l’État français dans la disparition de Maurice Audin, le site 1000autres.org a l’ambition d’élucider les circonstances d’arrestation et de disparition de milliers d’Algériens pendant la bataille d’Alger. 

Mais ses animateurs (les historiens Fabrice Riceputi et Malika Rahal) comptent plus sur les témoignages que sur les archives pour trouver la trace des victimes. Pour Sylvie Thenault, directrice de recherche au CNRS, qui a beaucoup travaillé sur la question des archives coloniales, l’opacité du système arrestations-détentions fait très souvent obstacle à la quête de la vérité.  

 

S. L.-K.

 


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