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Il continue à gouverner comme si de rien n’était

Le gouvernement s’entête dans sa logique

Louiza Ammi/Archives Liberté © D. R.

Le gouvernement Bedoui, décrié par la rue qui exige son départ, s'entête à exécuter contre vents et marées sa feuille de route. Ce gouvernement, qui a été désavoué avant même sa formation, avait pour missions de gérer les “affaires courantes” et d’organiser l’élection présidentielle fixée par le président intérimaire pour le 4 juillet prochain. 

En dépit de tout et de tous, le gouvernement Bedoui semble plus intéressé de mettre en place “sa feuille de route” que de se limiter aux prérogatives que lui confère son statut de gouvernement de transition. C’est-à-dire que ce gouvernement doit s’astreindre à gérer les affaires courantes et ne doit, en aucun cas, prendre des décisions. Ce qui est loin d’être le cas. En effet, le gouvernement Bedoui continue à gouverner comme si de rien n’était. 
Et les deux premières mesures prises à l’entame de la mission concernent, en premier, l’assouplissement des procédures de délivrance des agréments pour les associations, les syndicats et les partis politiques et, en second, la répartition de la publicité publique. Le ministère de l’Intérieur a même annoncé avoir autorisé 10 partis à tenir leur congrès et a accordé 22 agréments à des associations. Faut-il rappeler que l’actuel Premier ministre est celui-là même qui a été ministre de l’Intérieur ayant interdit les rassemblements et les réunions de partis politiques. 
Mais aussi et surtout a refusé l’octroi d’agréments aux formations politiques qui avaient déposé des dossiers auprès de ses services ? Il va, sans dire, que la démarche du gouvernement vise à convaincre les citoyens, que le temps des lenteurs administratives et des blocages de dossiers, est révolu. Par ailleurs, le Premier ministre, en dépit de ses prérogatives limitées à la gestion des affaires courantes, s'active à procéder à des nominations. 
C’est le cas du désormais ex-wali de Tizi Ouzou, Abdelhakim Chater, qui a été installé au poste de nouveau directeur de cabinet du Premier ministre. 
Pis encore, un nouveau wali a été nommé et installé dans cette wilaya alors que les walis sont nommés par décret présidentiel, et Abdelkader Bensalah, le président intérimaire, ne dispose pas de prérogatives nécessaires à la nomination et à l’installation d’un wali. 
Autre nomination, celle de Nacéra Cherid à la tête de la Radio nationale après le limogeage de Chabane Lounakel. Celle-ci est connue pour être une militante du RND, le parti auquel appartient Bensalah.
Il faut dire que la donne était faussée dès le départ.La nomination d’un proche du cercle présidentiel à la tête de l’Exécutif pour une période de transition cruciale pose forcément problème. 
Surtout si cette personne est un ancien ministre de l’Intérieur qui a eu à piloter des processus électoraux, tous entachés d’irrégularités et de fraudes. L’élément central, qui fait le point de discorde entre le mouvement populaire et les tenants de cette transition, est, sans conteste, dans le fait que cette équipe, chargée d’organiser l’élection présidentielle, se compose d’un président intérimaire, d’un Premier ministre et d’un ministre de l'Intérieur, tous issus de l'ancienne équipe. Ce qui est en totale contradiction avec les aspirations du mouvement populaire, qui, dès le début, a clairement exprimé son refus de toutes les figures de l'ancien système.
 

Saïd Smati


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