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A la une / Actualité

Le ministre du commerce, Mohamed Benmeradi, l’a reconnu hier sur la radio chaÎne III

“Le lobby de l’importation est très puissant”

Mohamed Benmeradi, ministre du Commerce. ©Capture d’écran

Le gouvernement avoue son impuissance face aux barons du négoce.

Le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, reconnaît, clairement, la puissance du lobby de l’importation en Algérie. Le groupe de pression des importateurs est devenu, “très certainement”, important dans notre pays, admet-il. M. Benmeradi en veut pour preuve les 75% des importations réalisées par le seul secteur privé qui brasse, avoue-t-il, des montants avoisinant les 50 milliards de dollars. Ce qui explique, argue-t-il, les critiques acerbes et les résistances farouches auxquelles fait face son département, voire tout le gouvernement pour la mise en œuvre de sa politique de réduction des importations. Les barons de l’import semblent avoir eu le dernier mot dans cette espèce de lutte d’autant plus que les résultats obtenus dans le commerce extérieur durant l’exercice 2017 révèlent nettement que les objectifs fixés n’ont pas été atteints. Mohamed Benmeradi, avait annoncé, en octobre dernier, rappelle-t-on, que le ministère du Commerce tendait à réduire les importations à 41 milliards de dollars à la fin de l'année 2017 et à 30 milliards de dollars en 2018. Cette prévision s’inscrivait dans le cadre de la politique du secteur visant à protéger la production nationale. Or, force est de constater que les importations n’ont baissé que de 1,13 milliard de dollars, passant ainsi de 47,08 milliards de dollars à 45,95 milliards de dollars à fin 2017. Pis encore, le bilan fait ressortir surtout l’impuissance de l’État devant ces magnats de l’“import-import”. “En dépit de tous ces enjeux, nous devons maintenir le cap. Il faut à tout prix que l’économie nationale assure des niveaux d’intégration beaucoup plus élevés qu’ils ne le sont aujourd’hui”, affirme le ministre lors de son passage hier sur les ondes de la radio Chaîne III. Le système des licences a eu un effet sur les importations avec une baisse, certes moins importante que prévu, de 2,4 % en 2017, mais il a engendré des perturbations sur le fonctionnement de l’économie nationale. “Pour les produits soumis à ces licences, nous avons eu de bons résultats allant jusqu’à une baisse de 50% du montant de la facture des importations. Le marché a, en revanche, enregistré un manque des approvisionnements, une hausse des prix ainsi que des ruptures d’activité…”, explique le premier responsable du secteur. Pour lui, ce dispositif a non seulement montré ses limites, mais il a également été à l’origine d’une augmentation des prix de certains produits dont les biens alimentaires que “nous n’arrivons pas à expliquer”. Il cite la facture de la poudre de lait qui a renchéri de 50%, le groupe alimentation et les produits pétroliers qui ont suivi, eux-aussi, la même tendance haussière. Les gains attendus avec la mise en place de ces licences ont été contrariés, déplore-t-il, par toutes ces augmentations. “Ce qui a fait que la diminution des importations n’a été que de 1,2 milliard de dollars  seulement durant tout l’exercice 2017”, précise M. Benmeradi.

“Plus de 80% du chiffre d’affaires de l’industrie sont des importations”
Le ministre affirme par ailleurs, que 8 familles de produits, représentent, à elles seules, 40% des importations, constituées de biens alimentaires (10%, soit 9 milliards de dollars), de produits pétroliers (2%, soit 2 milliards de dollars), d’acier (3%, 3 milliards de dollars) de médicaments (2%, 2 milliards de dollars)  et de véhicules (2%, 1,6 milliard de dollars).
Ce qui a fait dire à l’invité de la radio Chaîne III que l’industrie algérienne est “extrêmement importatrice”. Plus de 80% du chiffre d’affaires de l’industrie sont des importations, déclare-t-il.

B. K.


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3 réactions
Brahms le 29/01/2018 à 13h20

Le Ministre du Commerce a raison à 100 %. Il est impuissant car ce sont les français qui tirent les ficelles via des algériens, des harkis qui bossent pour eux moyennant des commissions versées sur leur compte bancaire à l'étranger. Pour claquer le lobby, il faut juste interdire le change parallèle en y mettant des sanctions financières, des saisies et en mettant le taux officiel au même niveau que le taux parallèle de cette façon, la devise du Port Saïd se retrouvera dans les banques.

Mehdi1 le 29/01/2018 à 16h46

Mr le ministre dit que le lobby "de l'importation est très puissant", mais monsieur le ministre le lobby est très puissant parce qu'il a le soutien du politique et celui de l'armée, et que toutes les institutions du pays ne fonctionnent qu'au bon vouloir de ces mafieux. Du coup toute votre politique n'est que blabla, de la poudre aux yeux. Pour que les choses deviennent normale renverser tout ce beau monde.

Brahms le 30/01/2018 à 8h27

C'est l'Etat qui doit commander et non des petits voyous ou délinquants financiers qui s'improvisent vendeur ou acheteur de devises. Quand vous allez en Suisse, France, USA, Allemagne n'importe quelle personne doit passer par une banque ou un agent de change pour acheter ou vendre des devises car derrière vous avez des commissions, une TVA qui va alimenter le système bancaire. C'est cette règle qui doit s'imposer chez nous donc il faut prendre le taureau par les cornes pour casser ce trafic.

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