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A la une / Actualité

Introduction des produits pyrotechniques sur le marché

Le lobby de l’importation imperturbable

D’aucuns s’interrogent sur la prospérité du commerce des produits pyrotechniques en Algérie en dépit d’une réglementation interdisant cette activité. Ni les descentes des membres des brigades mixtes du département du commerce, des services de sécurité et des douanes sur les lieux de vente ni les différentes saisies opérées n’ont pu dissuader les acteurs de ce marché à abandonner ce créneau devenu juteux depuis quelques décennies. Mais d’où proviennent ces grandes quantités de pétards, de fusées et autres fumigènes ? Comment parviennent-ils à pénétrer dans notre pays ? Autant de questions qui méritent d’être posées. Le premier élément de réponse est avancé par le président de l’Anca (Association nationale des commerçants et artisans), Hadj Tahar Boulenouar, qui a déclaré à ce propos que le marché des produits pyrotechniques était détenu par une dizaine d’importateurs qui introduisaient frauduleusement leurs marchandises. “La marge bénéficiaire de ces importateurs est estimée à 6 milliards de dinars”, a-t-il affirmé.
Pour M. Boulenouar, “il existe entre deux à trois distributeurs activant dans chaque wilaya qui font travailler plus de 20 000 vendeurs”. C’est dire que la commercialisation de ce type de produits est bien organisée en réseaux à travers tout le territoire national. Il faut reconnaître également qu’une forte demande est exprimée chaque année en Algérie. Preuve en est, d'énormes quantités sont écoulées tous les ans sur le marché national. Les membres de l'Anca estiment que les fausses déclarations de marchandises au niveau des terminaux maritimes et terrestres et la contrebande sont à l’origine de la circulation d’importantes quantités de ces produits sur le marché national. El-Eulma (Sétif), Tadjenanet (Mila) et Oued Semmar (Alger) semblent être les principales plaques tournantes de ce commerce illicite. En réponse à une question de la députée Hassina Zeddam (indépendants) liée à la vente de produits pyrotechniques sur les marchés algériens, malgré leur prohibition par la loi, lue en son nom
par le ministre des Relations avec le Parlement, Mahdjoub Bedda, le Premier ministre a
indiqué que les “pouvoirs publics avaient déployé tous les moyens humains et matériels, pour faire face à ce phénomène de manière efficace. Ce qui a donné lieu, a-t-il annoncé, à la saisie, l'année précédente, de près de 450 000 unités de ces produits et l'imposition d'amendes estimées à 294,6 millions de dinars”. Le Premier ministre a indiqué qu'en 2005, un cadre juridique a été défini dans ce domaine. Mieux, l'article 10 de l'ordonnance 06-05 stipule que “la contrebande d'articles pyrotechniques est punie d'une peine d'emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende égale à cinq fois la valeur de la marchandise confisquée”. Et “lorsque la marchandise, objet de contrebande, est découverte dans un endroit spécialement aménagé à des fins de contrebande, les auteurs sont punis d'une peine d'emprisonnement de deux ans à dix ans et d'une amende égale à dix fois la valeur de la marchandise confisquée”. Or, force est de constater que le problème, récurrent dans notre pays, ne concerne nullement la réglementation en elle-même, mais plutôt son application. S'agissant de la deuxième partie de la question de la députée relative à la non-introduction des produits pyrotechniques sur la liste des marchandises concernées par la mesure de suspension temporaire à l'importation, M. Ouyahia a souligné que cette mesure n'était pas nécessaire en raison de l'absence totale d'un code pour ces produits au niveau de la nomenclature des activités économiques soumises au registre du commerce. Ces produits étant, explique le Premier ministre, déjà classés parmi les produits interdits en vertu d'un texte juridique, à l'image de tous les autres produits sensibles et dangereux. Même si son ampleur a baissé, le phénomène n’est pas, pour autant, éradiqué. Un constat qui confirme clairement le poids des barons de l’importation de ce genre de produits en Algérie. Le président de l’Association des consommateurs, Mustapha Zebdi, s’interroge, pour sa part, sur l’impunité dont jouissent ces réseaux alimentant le pays de ces produits dangereux et, de surcroît, interdits par la loi pour leur impact négatif et sur la santé des citoyens et sur l’économie du pays.  

B. K.


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