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Alors que toutes les activités du secteur des transports ont repris

Le métro d’Alger tarde à se remettre sur rails


Une année après sa fermeture dans le sillage des mesures de confinement prises par le gouvernement, le métro d’Alger n’a pas rouvert ses portes malgré la reprise des activités de tout le secteur des transports. Pourtant, techniquement, “tout est prêt” pour la reprise, d’après des sources proches de l’entreprise. Réalisé pour tenter de désengorger la capitale, étouffée par la circulation automobile, cette infrastructure demeure fermée au public depuis mars 2020, pour des raisons liées à la gestion de l’épidémie de Covid-19. Depuis, les stations du métro restent closes.

L’ouverture des autres moyens de transport public, à savoir le tramway, les bus et les téléphériques et télécabines n’a pas touché le métro. Pourquoi ? Au sein de l’Entreprise du métro d’Alger, on assure que techniquement, “nous sommes prêts à reprendre le travail”. Une source interne a même révélé que depuis plusieurs mois, les rames circulent “normalement” à vide dans le but de ne pas provoquer l’avarie des machines. “Nous avons tenu une réunion avec les membres du conseil scientifique (de gestion de la Covid, ndlr). Nous avons mis en place le dispositif sanitaire adéquat. Tout est prêt et nous pouvons ouvrir à tout moment”, explique cette source qui dit qu’il ne manque que “la décision politique”. 

Par décision politique, notre source renvoie au ministère des Transports. Mais ce département était injoignable hier. Personne, pour le moment, n’est capable de donner une explication à cette fermeture qui dure depuis plusieurs mois. A-t-elle une relation avec la poursuite des manifestations du Hirak ? Cet argument ne tient plus puisque depuis au moins trois vendredis, les marches n’ont pas eu lieu. Puis, avant l’avènement de la pandémie, le métro fonctionnait normalement en dehors des vendredis.

À un certain moment, certains observateurs ont expliqué ce retard dans la reprise de l’activité par la non-concrétisation de certaines clauses contenues dans le contrat signé par les autorités algériennes et la société française RATP (Régie des transports parisiens) Transtev (Transport terrestre de voyageurs). Les deux parties ont rompu le contrat le 30 octobre dernier pour laisser place à une société 100% algérienne appelée Métro El-Djazaïr. Mais une source de l’Entreprise du métro d’Alger (EMA), dont le nouveau-né est une filiale, a démenti cette hypothèse. “Tout est rentré dans l’ordre avec la création de la société Métro El-Djazaïr, filiale de l’EMA”, a indiqué notre interlocuteur qui insiste sur le fait que les rames “fonctionnent le plus normalement du monde”.

En attendant une hypothétique ouverture, Métro El-Djazaïr perd de l’argent. Le groupe EMA a perdu, en 2020, plus de 13 milliards de dinars. La reprise des autres modes de transport (tramway, câble et télécabines) a amorti un peu le choc. Ces recettes s’ajoutent aux subventions de l’État au titre du service public (plus de 60% des rentrées de l’EMA). C’est ce qui permet de payer les salaires des employés, y compris ceux du métro. Mais les cadres et travailleurs de l’entreprise ne voient pas le bout du tunnel.

 


Ali Boukhlef


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