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Campagne de vaccination contre la rubéole et la rougeole

Le ministère rassure, les doutes persistent

©D. R.

Les objectifs de cette campagne nationale de vaccination visent à consolider le taux de couverture vaccinale contre la rougeole à plus de 90% et de renforcer la protection collective contre la rubéole.

La polémique née de l’annonce d’une campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole ne s’estompe pas. Afin d’éviter qu’elle n’enfle, le département de Abdelmalek Boudiaf est sorti de sa réserve en annonçant une conférence de presse du ministre pour ce matin afin de donner des explications sur cette campagne.
Initialement, le lancement de l’opération était programmé pour le 24 mars prochain et devait concerner les bébés ayant bouclé 11 mois mais, “avant cette entrée en vigueur, l’OMS recommande de vacciner le plus grand nombre d’enfants, raison pour laquelle a été initiée cette campagne de vaccination contre la rubéole et le rougeole”, nous a indiqué, hier, le chargé de communication du ministère de la Santé, Slim Belkessam. Rappelant que d’habitude ce genre de campagne qui concerne tous les enfants en milieu scolaire “se déroule sans problème ni tapage médiatique”, il y a eu, cette fois-ci, selon lui, “dans certains établissements scolaires, l’initiative malvenue de remettre aux parents des documents écrits leur demandant leur autorisation avant de vacciner les élèves”. “Nous avons accordé nos violons avec l’administration de l’éducation nationale, les établissements ont cessé de remettre ces imprimés”, a affirmé M. Belkessam. Et d’expliquer : “Il s’agit d’une vaccination sous le couvert du ministère de la Santé, qui ne pose aucun problème et dont la seule finalité est de conférer une plus grande immunité à tous nos enfants contre la rougeole et, spécialement, les futures mamans contre la rubéole.”  
Le ministère de la Santé qui, dans un communiqué rendu public il y a une semaine, avait annoncé le lancement d’une campagne nationale de vaccination contre la rougeole et la rubéole en milieu scolaire, a précisé qu’elle débutera le 6 mars et se poursuivra jusqu’au 15 mars 2017. Cette campagne concernera les enfants des cycles primaire et moyen, fréquentant les établissements publics et privés : soit près de 7 millions d’élèves, quel que soit leur statut vaccinal antérieur, et se déroulera de façon préférentielle dans les établissements scolaires.
La même source rappelle, que “la rougeole, maladie souvent mortelle chez le nourrisson, a connu, grâce aux performances du programme élargi de vaccination dans notre pays, un net recul, depuis l’introduction, en 1986, de la vaccination obligatoire contre cette maladie. En effet, le nombre de cas de rougeole est passé de plus de 20 000 en 1996 à un peu plus de 15 000 en 2003, pour baisser ensuite de façon significative avec moins de 100 cas sporadiques par an, ces dernières années”. Quant à la rubéole, “il s’agit d’une infection virale contagieuse qui touche le plus souvent les enfants et les adultes jeunes ; elle devient redoutable chez la femme enceinte où le risque de transmission du virus au fœtus est de 90% avec pour conséquence possible une fausse couche, un mort-né ou de graves malformations congénitales appelées syndrome de rubéole congénital : malformations cardiaques ; malformations neurologiques ; malformations oculaires ; déficience auditive et/ou retard de croissance”, a ajouté le ministère de la Santé.
Aussi, les objectifs de cette campagne nationale de vaccination visent à consolider le taux de couverture vaccinale contre la rougeole à plus de 90%, rattraper les enfants et les jeunes adolescents incomplètement vaccinés et de renforcer la protection collective contre la rougeole mais aussi contre la rubéole, ainsi qu’à interrompre le risque de transmission de ces deux maladies contagieuses et graves.
Enfin, pour la réussite de cette opération, le MSPRH a indiqué avoir entrepris, avec l’appui des ministères de l’Éducation nationale et de l’Intérieur et des Collectivités locales, toutes les dispositions et les mesures nécessaires qui conditionnent le succès et la performance de cet événement. Or, réagissant à la polémique qui a entouré cette campagne avant même son lancement, le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp), Lyes Merabet, a déploré la décision “hâtive” de lancer cette campagne sans qu’elle soit accompagnée d’un minimum d’organisation, de projection et de définition des besoins sur le territoire national, estimant qu’“il y a plein de questions à poser autour de cette décision de lancer une campagne de vaccination au courant de l’année scolaire”.
M. Merabet estime préférable que cette campagne impliquant un nouveau vaccin soit programmée au début de l’année scolaire, qu’elle s’accompagne d’une préparation des équipes de santé scolaire et d’une campagne de vulgarisation. Selon lui, cette campagne a été lancée d’une manière désorganisée, sans mettre en place les moyens adéquats. À telle enseigne, qu’“une fois lancée, l’un des problèmes auquel fera face cette campagne sur le territoire national est l’indisponibilité de seringues pour ce genre de vaccin”, a-t-il révélé. Car, selon ses dires, le vaccin a été mis à la disposition des établissements de santé à travers l’Institut Pasteur, mais sans les seringues adaptées à ce genre de vaccin, à savoir les seringues intradermiques et sous-cutanées qui ne sont pas disponibles à la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), le principal fournisseur des établissements de santé. Donc, beaucoup de structures de santé ne pourront pas être au rendez-vous aujourd’hui d’après lui.
D’ailleurs, au lieu de campagne vaccinale, il conviendrait mieux de parler d’opération, selon M. Merabet qui, en sa qualité de médecin, rappellera qu’il y a deux situations où elle a lieu. Soit, lorsque les taux de couverture vaccinale ne sont pas satisfaisants et nécessitent des campagnes de rattrapage, soit lorsqu’on est confronté à une situation d’épidémie et qu’on veut circonscrire ce problème dans une région, un endroit ou un pays.
Or, pour nous, en tant que professionnels, nous ne sommes pas dans ces cas, a affirmé M. Merabet, précisant que le ministère de la Santé n’a pas parlé d’épidémie de rubéole ou de rougeole. Il estime, en somme, que les conditions de réussite de cette campagne ne sont pas réunies.

AMAR R.



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