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Il le préconise comme un préalable à sa réussite

“Le mouvement est appelé à s’organiser”


“Cette dynamique a remis l’Algérie dans l’Histoire.” Près de quinze jours après son irruption, la mobilisation des Algériens, particulièrement des jeunes, contre un nouveau mandat du Président Bouteflika et pour le départ du système, continue de susciter l’admiration. Mais l’ampleur de la mobilisation, les raisons du réveil de ce peuple dont on a décrété, à tort ou à raison, qu’il se complaît dans le renoncement et la résignation, sa force et ses faiblesses, tout comme ses projections donnent lieu, depuis quelque temps, à des lectures diverses. Invité, hier, du Forum de Liberté, le sociologue Nacer Djabi a qualifié de “moment générationnel” cette dynamique qui doit, à ses yeux, s’inscrire dans la durée. “Il y a des accumulations que nous n’avons peut-être pas vu venir”, analyse-t-il, citant, dans ce cadre, “l’instruction” de larges franges de la population, l’ouverture sur le monde grâce aux réseaux sociaux, la “mémoire” et le sentiment “d’humiliation”.
Principale marque de cette dynamique : son caractère national et pacifique. “Cette dynamique nous restitue l’image d’une société”, résume-t-il, au regard des schismes et autres clivages qui ont longtemps parasité les mobilisations et inhibé les initiatives. Mais comme tout mouvement dont l’émergence ne doit rien aux structures d’intermédiation traditionnelles, sa survie et son élargissement appellent inévitablement, à terme, son organisation, estime le sociologue. “Nous sommes dans le moment de l’organisation. Il est temps de sortir de l’anonymat et qu’il y ait une représentativité nationale à travers l’intégration des femmes et des jeunes des différents segments de la société”, dit-il. “Il faut qu’il y ait une visibilité et un débat public sur les programmes et les scénarios possibles”, soutient encore Djabi. “Cette dynamique a impliqué la classe moyenne, les femmes et les intellectuels. C’est une occasion de faire une lecture de notre pays, de son Histoire et de notre relation avec les hommes de culture, car c’est là l’un de nos points faibles, tout comme la segmentation de l’élite”, dit-il. S’il considère que “la rue ne doit pas rester vide de la politique”, Nacer Djabi, optimiste, estime que “le mouvement doit continuer”. “C’est la seule garantie de réussite.” Autre recommandation : dans “les débats, on ne doit pas reproduire les schémas du passé”. “Cette dynamique doit produire ses élites d’avenir, et il ne faut pas qu’une élite s’y greffe de l’extérieur”, souligne-t-il, comme pour suggérer que les partis ne doivent pas lui imposer une certaine orientation, mais qu’ils doivent plutôt l’accompagner. “Cette dynamique doit réussir à travers le retrait de la candidature de Bouteflika. Nous sommes en train de construire une nation, le pouvoir se doit de refléter cette réalité sociale”, conclut-il.    

 



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