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Crise à l’APN

Le MSP souffle le chaud et le froid

La crise qui secoue depuis un mois l’Assemblée populaire nationale a mis certaines formations politiques devant un choix cornélien. Si les partis de la majorité ont fait le choix de se positionner contre Saïd Bouhadja et ont mené l’opération de sa destitution, certaines formations dites de l’opposition n’ont même pas pu se positionner ou, du moins, avoir une attitude claire. Le parti qui s’est illustré par des prises de position contradictoires les unes des autres est le Mouvement de la société pour la paix (MSP) qui semble avoir les deux pieds dans le même sabot. L’ex-Hamas ne savait plus où se donner de la tête pour tirer les marrons du feu. Sa direction, par la voix de son président Abderrezak Makri, est allée jusqu’à appeler “le peuple à s’impliquer” dans la lutte “contre ceux qui jouent avec l’intégrité et la dignité des institutions”. C’est un appel clair pour faire barrage aux députés de la majorité dont l’action contre Bouhadja a été jugée, précédemment, par le chef du MSP, “d’illégale” et “d’immorale”.
Cette opération “hors la loi”, affirme mordicus Makri, a abouti à la mise sur pied d’une présidence de l’APN “illégitime”. À en croire donc le président de l’ex-Hamas, les actions illégales menées par les députés de la majorité ne peuvent donner que des résultats de même nature. Autrement dit, Mouâd Bouchareb est un président illégitime, comme l’étaient les actions qui ont présidé à sa nomination. Sauf qu’à côté de ces affirmations de la direction du parti islamiste, le groupe parlementaire de la même formation n’a pas estimé utile de suivre cette logique et cette lecture. Son groupe parlementaire n’a réagi qu’à fleurets mouchetés. Pas plus loin que jeudi dernier, Smaïl Mimoun, élu du MSP, s’est réuni avec le bureau de l’APN, sous la direction du président “illégitime”, Mouâd Bouchareb. Pourquoi le MSP ne s’est pas retiré des commissions et n’a pas rappelé ses représentants au sein du bureau de l’Assemblée ? Pour cette formation, “leur action” ne tranchera pas le nœud gordien de la crise et ne pèsera pas, outre mesure, sur le cours des événements. En résumé, la position hypothétique du MSP n’est surtout pas la conséquence d’exigences ou d’objectifs politiques proprement dits, mais elle est dictée par des fins jusque-là escamotées, mais aisément saisissables. Il faut rappeler qu’au début de la crise au Parlement, le MSP a tenté une médiation. Histoire de se donner le beau rôle dans le conflit. Son offre de service a essuyé une fin de non-recevoir des deux parties. Non satisfait de sa manière de souffler le chaud et le froid, le MSP s’était même attaqué au Front El-Moustakbel qui voulait réunir l’opposition et proposer ses bons offices aux belligérants. Finalement, le MSP parlait à la cantonade. Il ne s’adressait presque à personne. Vouloir ménager la chèvre et le chou revient à biaiser le débat au sein même de l’opposition qui tente tant bien que mal de défendre la légalité devant un fait accompli. Coutumier qu’il est des faits, le MSP n’a fait que reprendre son sport favori : la duplicité des positions. Autrement dit, chassez le naturel, il revient au galop !  

Mohamed Mouloudj

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