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Saïd Sadi sur Berbère Télévision

“Le peuple veut la démilitarisation du pays”

Le docteur Saïd Sadi. © Yahia Magha/Archives Liberté

“Si on élit un président de la République avec les mêmes prérogatives présidentielles, on aura un dictateur”, a affirmé Saïd Sadi lors d’une conférence animée, vendredi, au siège de Berbère Télévision à Paris. Pour l’ancien président du RCD, si on va vers des présidentielles dans les conditions actuelles et avec le même dispositif législatif et un fichier électoral non assaini, l’Algérie connaîtra les mêmes problèmes. D’où, selon lui, la nécessité d’aller, au terme d’une période de transition qui reste à définir, d’abord vers des législatives. “L’armée et ses boy-scouts veulent aller à des présidentielles rapidement.

Ce qui veut dire que les choses vont rester en l’état”, a soutenu le docteur Sadi pour qui le fichier électoral ne peut être nettoyé rapidement. L’intervenant est longuement revenu sur les enjeux de la transition démocratique, censée déboucher sur un État de droit, assis sur des préalables démocratiques “non négociables” qui auront été ancrés dans le préambule de la Constitution et admis par tous les acteurs politiques. Devant la confusion qui règne sur la scène politique, Sadi suggère un débat permanent, empruntant à Albert Camus l’expression selon laquelle “mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde”.

La transition réclamée par le peuple ne doit pas être structurée par le sommet, et cela, pour des raisons d’éthique, a-t-il affirmé. Trois types d’acteurs peuvent animer une convention nationale qui débouchera sur une période de transition, laquelle peut nécessiter du temps. Il s’agit des délégués élus par le mouvement populaire, des organisations de la société civile et des représentants de la diaspora, a détaillé le conférencier. Pour le Dr Sadi, il y a déjà des aspects de la transition qui font consensus ; une direction collégiale, un gouvernement de transition chargée de liquider les affaires courantes et une commission d’organisation des élections sont aujourd’hui admis par le plus grand nombre. Le conférencier tombera à bras raccourcis sur les pensionnaires du régime

qui s’abritent derrière la révolution populaire pour suggérer d’aller d’abord aux élections. “Les voix civiles de l’armée veulent utiliser la révolution citoyenne comme marchepied pour arriver au pouvoir”, a-t-il mentionné. L’État de droit réclamé par le peuple passe par le démantèlement du système politique bâti sur la violence, la corruption et le mensonge depuis l’indépendance, fera-t-il remarquer. Autre élément qui plaide pour une période de transition : les partis politiques ont besoin de temps pour se redéployer sur le terrain, a-t-il ajouté.  “Le trio infernal Bouteflika-Toufik-Ouyahia a étouffé la vie politique”, a dénoncé Saïd Sadi, estimant nécessaire d’aller d’abord à des législatives pour trancher la nature du régime que le peuple veut se donner. “C’est une question vitale”, a-t-il martelé. 

Mais avant d’en arriver là, il faut régler les préalables démocratiques qui sont, du reste, universels, insiste l’orateur, dont la communication a suscité un échange fructueux avec le nombreux public. “Durant la période de transition, il faut que la mobilisation populaire reste permanente jusqu’aux élections”, a suggéré Sadi. Au sujet de la chronique judiciaire qui a vu des responsables institutionnels placés sous mandat de dépôt, l’invité de Berbère Télévision doute de la subite indépendance de la justice “qui a toujours fonctionné par téléphone. 

La justice est prise en otage par des règlements de comptes et des stratégies de manipulation médiatique et de captation de marchés”, a relevé l’ancien leader d’Avril 1980, pour qui “ceux qui sont arrêtés ne sont pas tous des voleurs et tous les voleurs ne sont pas arrêtés”.  La demande du peuple est claire, selon le Dr Sadi, elle s’articule autour de deux points : la démilitarisation du pays et le départ du système. “Le régime n’est pas décidé à céder. Sur le fond, il n’y a rien qui est acquis”, a-t-il déploré, invitant au maintien du combat pacifique. “Ils (les tenants du pouvoir) ne peuvent pas indéfiniment dire non, mais il faut que la mobilisation continue”, a conclu Saïd Sadi.  

 

Yahia Arkat   

 

 


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