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Le corps médical met en cause le non-respect des mesures barrières

Le pire est à craindre à Annaba

Le CHU Ibn-Rochd d’Annaba © D. R.

À  son  quatrième  mois, la  pandémie  de  coronavirus  fait  des  ravages à Annaba, qui est classée à une peu enviable 13e place parmi les wilayas les plus touchées par ce fléau avec 288 cas, dont 15 enregistrés en fin de semaine écoulée dans la ville chef-lieu.

Catastrophé par cette situation, le directeur de la santé de la wilaya d’Annaba ne cache pas son désespoir d’en venir à bout, malgré les appels incessants à la prudence, qu’il n’a cessé d’adresser personnellement à la population à travers divers canaux de communication.

“La situation est d’une extrême gravité et nous n’arrivons pas à convaincre les citoyens sur la nécessité d’observer strictement les consignes du port de masque de protection et de la distanciation sociale. Les gens sont sourds à nos cris de détresse, comme si nous prêchions dans le désert, alors que le virus affecte de plus en plus de personnes de tous les âges”, a regretté, hier, le Dr Damèche.

Ce responsable dit craindre le pire avec le sentiment de découragement qui commence à s’emparer des médecins et des  paramédicaux chargés d’assurer la prise en charge des patients touchés par le Covid-19, à Annaba. “Nos confrères sont à la limite du surmenage.

Éloignés de leurs  familles durant une trop longue période pour des raisons évidentes de prévention, médecins et infirmiers mobilisés H24 dans les établissements ne peuvent plus faire face au tsunami viral qui s’abat sur la ville d’Annaba. Ils sont, en plus de cela, quotidiennement agressés physiquement sur leur lieu de travail par les parents de patients admis ou sur le point de l’être au sein des centres de référence”, s’indigne-t-il.

Des dizaines de familles, qui interfèrent dans la gestion de la pandémie, font des reproches aux paramédicaux et vont jusqu’à exiger la délivrance des résultats des tests PCR, sans même savoir de quoi il s’agit, la plupart du temps.

“Nous étions sur le point d’éradiquer la pandémie, après le travail minutieux entrepris par le staff d’épidémiologie, dans les principaux foyers recensés dans dix  quartiers et cités de la plaine Ouest.

Ces personnels se sont présentés dans chacune des maisons où des cas avaient été suspectés. Nos efforts auront été vains, puisque non seulement ces foyers se sont régénérés à une vitesse éclair et la pandémie s’est propagée dans toute la ville”, s’indigne notre interlocuteur.

Ce dernier impute cette “flambée” à l’indiscipline caractérisée des habitants d’Annaba, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes, qui continuent à sortir sans le masque de protection, à se rassembler dans des endroits exigus, à participer à des mariages et autres cérémonies familiales.

“J’ai fait un tour ce matin du côté du littoral (hier, ndlr) et j’ai constaté que les plages sont pleines de monde, malgré l’interdiction de  baignade”, signale le directeur de la santé de la wilaya d’Annaba.
 

A. ALLIA