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Bensalah et Bedoui évitent la finale de la Coupe d’Algérie

Le pouvoir a pris la mesure de son rejet

Abdelkader Bensalah. © Yahia Magha/Archives Liberté | Noureddine Bedoui.© Archives Liberté

En faisant ainsi faux bond, le pouvoir reconnaît implicitement qu’il n’est qu’un élément de blocage et qu’il est la source de la crise. 

La finale de la Coupe d’Algérie disputée, hier, au stade Tchaker de Blida s’est déroulée sans la présence du chef de l’État, Abdelkader Bensalah, ni celle du Premier ministre, Noureddine Bedoui. Bensalah et Bedoui ont délégué le ministre de la Jeunesse et des Sports pour les représenter et ainsi remettre la coupe aux vainqueurs. Les deux responsables ont boudé une activité qu’aucun chef d’État n’avait osé rater. Même sous le règne de Bouteflika et étant invalide, il a toujours dépêché son Premier ministre pour remettre Dame Coupe à l’équipe gagnante.

Cette absence de deux hauts responsables de l’État au stade de Blida est très significative. On comprend que le tandem Bensalah-Bedoui a choisi de briller par son absence au lieu de subir, le temps d’une finale, la colère qu’expriment les gradins de nos stades. Toutefois, se dérober à une tradition de peur d’être rejeté par les fans des deux clubs et probablement par les joueurs revient à reconnaître son illégitimité. Le choix des deux responsables est la énième preuve que leur entêtement à rester à leurs postes respectifs est plus qu’un échec. Ils ont, finalement, signé l’acte de décès de la solution politique à la crise. Faire faux bond à l’occasion d’une finale de Coupe d’Algérie est un aveu. Le pouvoir actuel reconnaît implicitement qu’il n’est qu’un élément de blocage et qu’il est la source de la crise. Rejetés, les membres du gouvernement ont cessé leur “visite d’inspection et de travail”.

Depuis le début du soulèvement, rares sont les membres de l’Exécutif qui ont échappé à la colère des citoyens. Chassé de partout, aucun ministre n’a pu effectuer des visites sur le terrain. Au nord comme au sud du pays, les citoyens ont décidé “d’interdire” aux membres du gouvernement d’assurer la gestion des affaires courantes. Nombreux sont les ministres qui ont quitté précipitamment des chantiers sous la pression des citoyens. Même le porte-parole du gouvernement a fini par avaler sa langue au bout de quelques rencontres furtives avec la presse. Il en est de même pour Bensalah et Bedoui. Depuis le 9 avril dernier, date de la désignation d’Abdelkader Bensalah chef de l’État en vertu de l’application de l’article 102 de la Constitution, son départ a été, à maintes reprises, réclamé et réitéré. Idem pour Noureddine Bedoui.

Ce dernier, qui s’était rendu aux Lieux saints de l’Islam pour une omra, a été pris à partie par des pèlerins algériens. C’est dire qu’ils sont persona non grata partout où ils se rendent. Remettre la Coupe d’Algérie est “une affaire courante” que les deux responsables — censés honorer — ont plutôt décidé de boycotter. Cela confirme, si besoin est, que les échecs à répétition du tandem Bensalah-Bedoui, à commencer par celui du dialogue et de l’élection présidentielle, ne sont surtout pas le fruit d’un quelconque mauvais calcul, mais bel et bien un acquis arraché par la rue.

Interdire à des “officiels” de se rendre à une activité non moins officielle prouve que la révolution en cours est sur la bonne voie. Les acquis engrangés jusque-là en appellent d’autres. À Blida, les supporters de la JSMB et du CRB n’ont pas accepté la présence des membres de la “îssaba”. Ils ont envahi la tribune officielle pour “chasser” les intrus. Ces intrus, dans l’imaginaire des manifestants, sont ceux qui veulent forcer le destin pour que la situation du pays reste en l’état. Ils n’ont pas de place parmi cette magnifique jeunesse qui a, tout au long du match, fait preuve d’un esprit sportif des plus appréciables. Mais pas avec les fossoyeurs du rêve d’une Algérie meilleure... 

 

Mohamed Mouloudj 

 

 

 


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