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Il a ignoré toutes les initiatives lancées jusque-là

Le pouvoir va-t-il écouter la voix de la raison ?


C’est un savant mélange de sagesse, de lucidité, de mise en garde et d’appel à la raison : plusieurs personnalités nationales, dont Ahmed Taleb-Ibrahimi, Ali-Yahia Abdenour, Ahmed Benbitour, Abdelaziz Rahabi et des intellectuels, à l’image du sociologue Nacer Djabi et de la politologue Louisa Driss Aït-Hamadouche, entre autres, ont de nouveau alerté sur les conséquences pouvant découler du passage en force vers l’élection et au maintien de l’agenda électoral dans les conditions politiques actuelles.

Dans une démarche qui esquisse les contours de la voie à suivre pour une issue à la crise, les signataires invitent le pouvoir à procéder à une nouvelle lecture de la réalité. “S’aventurer à organiser une élection présidentielle comme annoncée, sans consensus national préalable, attisera le mécontentement populaire et aggravera la crise de légitimité du pouvoir. Bien plus, cette décision pourrait servir de prétexte aux immixtions étrangères que nous refusons avec force dans tous les cas et sous n’importe quelle forme”, mettent-ils en garde. 

En insistant sur la nécessité d’un consensus préalable, les signataires suggèrent que la démarche adoptée par le pouvoir pèche par une forme d’“unilatéralisme” qui exclut des pans entiers de la société et que le prétendu dialogue conduit par la défunte commission de Karim Younès n’a fait office que d’une espèce d’habillage pour la “feuille de route” décidée au lendemain de l’échec de la seconde tentative d’organisation de l’élection présidentielle en juillet dernier.

Cet appel, aux relents de “cri d’alarme”, intervient alors que le “bras de fer” entre la “rue” et le pouvoir perdure à quelques semaines de l’élection, sans concession, pour l’heure, de part et d’autre. À la détermination des citoyens, dont la mobilisation se renforce à mesure qu’approche la date fatidique du scrutin, répond l’entêtement d’un pouvoir décidé à faire aboutir sa “feuille de route” à travers des arrestations tous azimuts, des entraves aux libertés et le refus de toute mesure d’apaisement.

Dès lors, la question est de savoir si cette nouvelle initiative aura quelque chance d’être entendue lorsque l’on sait que plusieurs autres initiatives lancées sous diverses formes ont toutes été superbement ignorées.  C’est le cas, par exemple, de celle des dynamiques de la société civile, du forum pour les Forces du changement, des Forces du pacte pour l’alternative démocratique ou encore des appels de Mouloud Hamrouche, de Taleb-Ibrahimi et de l’Association des ulémas.

Aucune de leurs propositions n’a été prise en compte. Mais pis encore, on les a vidées de leur substance à travers un simulacre de dialogue et une campagne sur la dangerosité de la transition, quand bien même le pays serait déjà dans une transition, mais sans les instruments y afférents.  Mais s’il est difficile de parier aujourd’hui sur quelque volonté du pouvoir de “revoir ses plans”, il reste que l’initiative se décline comme une indication à ce qui devrait être la base de travail à une issue à la crise, pour peu que les “décideurs” concèdent à admettre que le bras de fer est porteur de graves risques pour le pays. Vont-ils enfin écouter la voix de la raison ?

 

Karim K.

 

 


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