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A la une / Actualité

À deux semaines de l’Aïd El-Adha

Le prix du mouton s’envole

Le bétail est contrôlé par des vétérinaires. ©Yahia/Liberté

Depuis quelques jours, les tarifs ont doublé, dépassant les 40 000 DA. Les prix pratiqués actuellement avoisinent, en moyenne, les 46 000 DA pour une bête de taille moyenne.


À une dizaine de jours de l’Aïd el-Adha, les prix du mouton suivent une courbe ascendante dissuadant le citoyen, aux faibles revenus, à accomplir le sacrifice rituel de cette fête. Il y a à peine un mois, le bélier se vendait, notamment dans les régions à forte production animale, à partir de 25 000 DA... Avec ce prix l’on pouvait acheter, disent des observateurs, un mouton de bonne corpulence. Depuis, les tarifs ont doublé dépassant les 40 000 DA. Les prix pratiqués actuellement avoisinent en moyenne les 46 000 DA. L’on craint le pire à l’approche de la fête puisque l’on s’attend à une flambée spectaculaire de l’ovin. Les raisons évoquées à ce propos sont multiples. La plus importante est l’inexistence d’une offre sérieuse et suffisante. Il ne s’agit pas en fait d’un recul de la production mais d’une désorganisation du marché marquée par une répartition déséquilibrée du cheptel à travers le territoire national. En effet, l’instruction du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche qui oblige les éleveurs à s’occuper eux-mêmes de la commercialisation de leurs troupeaux a complètement dérégulé le marché. En termes plus clairs, seuls les détenteurs de la carte d’éleveur peuvent vendre le mouton. Ce qui élimine, et c’est l’objectif recherché, les intermédiaires. Or, force est de constater que les éleveurs préfèrent plutôt vendre leur bétail sur les lieux d’élevage sans se déplacer vers les sites de commercialisation désignés pour la circonstance.
La tutelle, faut-il le rappeler, a dégagé, à l’échelle nationale, 23 endroits dédiés officiellement à la vente directe du mouton. Un véritable producteur dispose d’au moins 300 têtes d’ovins. Il ne peut, de ce fait, se permettre des déplacements avec autant de bêtes aux fins de commercialisation. Preuve en est, ces espaces demeurent encore vides. Contrairement aux années précédentes, ils n’attirent ni les éleveurs ni les revendeurs et encore moins les acheteurs.
C’est dire que les maquignons évitent ces zones et décident de commercialiser le bélier librement et loin de tout contrôle des autorités. Cette commercialisation anarchique n’a fait qu’éparpiller et donc diminuer l’offre. “Les pouvoirs publics n’ont pas mis en place tous les outils nécessaires pouvant garantir une offre suffisante”, estime Mustapha Zebdi, président de la l’Association de protection des consommateurs (Apoce). Pour lui, le passage par les revendeurs reste malheureusement incontournable, du moins pour l’année en cours, afin de pouvoir satisfaire la demande qui ferait baisser les prix.

Des lieux de vente… vides !
Autant l’Apoce soutient le ministère pour l’exigence d’un certificat vétérinaire garantissant la bonne santé de l’animal, autant elle trouve inopportune la détention préalable d’une carte professionnelle d’éleveur qui, selon elle, “risque de compromettre le bon déroulement de l’opération de vente”. Si l’on se réfère au chiffre avancé de 4 millions de têtes à sacrifier pour cette année, chaque site “officiel” (parmi les 23) devrait assurer durant ces jours la vente de pas moins de 174 000 têtes. Ce qui est difficile, voire impossible à réaliser ! Par ailleurs, la cherté des aliments de bétail est considérée par les éleveurs comme un obstacle pour la stabilité des prix en dépit des efforts de l'Office national des aliments de bétail (Onab) qui tente d’en assurer la disponibilité. Sur un autre registre, les citoyens expriment leurs craintes quant à la qualité de la viande ovine. L'année dernière, faut-il le rappeler, la viande ovine s'est putréfiée après l'abattage, en raison de l'utilisation de compléments alimentaires pour engraisser le bétail par des commerçants saisonniers, et ce, à des fins lucratives, selon les résultats des enquêtes effectuées par les services de la Gendarmerie nationale en collaboration avec les services du ministère de l'Agriculture. Toutefois, la tutelle avait chargé des équipes de vétérinaires de prélever des échantillons de têtes de mouton pour l’analyse et le contrôle des aliments qui leur sont servis. Le ministère de l'Agriculture avait, auparavant, annoncé la mise en œuvre d'un programme global de prévention et de sensibilisation au profit des éleveurs pour la protection du cheptel contre les différentes maladies tout au long de l'année, accompagné d'une campagne de vaccination intense. Composé de 28 millions de têtes d'ovins, de 2 millions de têtes de bovins et de 5 millions de têtes de caprins, le cheptel national bénéficie, précise la tutelle, d'une attention particulière de la part des pouvoirs publics qui déploient tous les efforts nécessaires à même d'améliorer et de développer la filière des viandes rouges.
Le jour du sacrifice, des permanences seront assurées par les services vétérinaires de wilaya au niveau des APC et des lieux d'abattage. Mieux, des brigades mobiles, composées de vétérinaires et de techniciens, effectueront des tournées dans les différents lieux susceptibles d'abriter des abattages, notamment en milieu rural, pour contrôler et répondre aux besoins et sollicitations des citoyens.

B. K.


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