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Tribunal de Sidi M’hamed

Le procès Tahkout s’ouvre aujourd’hui

Mahieddine Tahkout. © D. R.

Mahieddine Tahkout  est  poursuivi  dans  une  affaire  en  rapport  avec Tahkout  Manufacturing  Company,  une  des  filiales  du  groupe éponyme, pour plusieurs chefs d'accusation en lien avec la corruption.

C’est  aujourd’hui que  le  procès  de  Mahieddine Tahkout, patron  de  Cima Motors, s’ouvre au tribunal de Sidi M’hamed d’Alger. Prévu initialement le 22 juin dernier, il avait été reporté pour absence d’un accusé, Ahmed Ouyahia, en l’occurrence, qui avait assisté à l’enterrement de son  frère et avocat Laïfa Ouyahia. Ahmed Ouyahia comparaissait, pour précision, en tant que prévenu dans l’affaire d’Ali Haddad.

Mahieddine Tahkout est poursuivi dans une affaire en rapport avec Tahkout Manufacturing Company (TMC), une  des filiales du groupe éponyme, pour plusieurs chefs d'accusation en lien  avec  la  corruption, dont “obtention de privilèges, d’avantages et de marchés publics  en  violation de la législation”, notamment dans la filière du montage automobile.

Cette affaire de montage automobile et celles traitées par la justice ont traîné devant  les  juges  plusieurs ex-hauts  responsables, dont les  deux  anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, Amar Ghoul ancien ministre   des  Travaux  publics,  l’ex-ministre  des  Transports, Abdelghani Zaâlane, Youcef Yousfi ex-ministre de l’Industrie, plusieurs walis...

Ces anciens responsables sont accusés  d’“octroi délibéré d'indus privilèges à autrui lors de la passation de marché en violation des dispositions législatives et réglementaires et abus  de fonction délibéré par un agent public en violation des lois et réglementations”. 

Il faut rappeler que lors  de  l’instruction  de  l’affaire  par  le  parquet près le tribunal de Sidi M’hamed l’an dernier, le mis en  cause Tahkout Mahieddine, son fils  et  deux  de  ses  frères, ont  été  mis  en  détention préventive.

38  fonctionnaires  de  différentes  administrations  publiques  et  services ministériels  et  3  salariés  d'entreprises  appartenant  à  Tahkout,  ont  été également accusés dans le cadre de la même affaire, et  ce, outre, les  six  personnes  morales accusées elles  aussi.

Il   s’agit  d'entreprises  en  lien  avec   les  activités du principal suspect.  Le  juge  d’instruction  avait  décidé  de  placer  19  suspects  en  détention provisoire, 7 sous contrôle judiciaire et d’en remettre 19 en liberté.

Selon le parquet près le tribunal, les charges retenues contre ces personnes sont le blanchiment d'argent, le transfert de biens obtenus par des faits de corruption à l'effet d'en dissimuler la source illicite dans le cadre d'un groupe criminel, la dilapidation  de  deniers  publics  et  l’abus  de  pouvoir  volontaire  à  l'effet d’accorder d'indus privilèges. 

Reste à savoir si le tribunal traitera uniquement le  volet  en  relation avec le montage automobile ou alors procédera au  jumelage  des  autres dossiers dans lesquels Tahkout Mahieddine est poursuivi, notamment celui du transport universitaire ? Pour rappel, 45 personnes ont été auditionnées dans le cadre de l’enquête préliminaire dans cette affaire. 
 

Mohamed MOULOUDJ