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Le bureau de l’APN n’a pas “convoqué” la plénière

Le processus de destitution de Bouhadja cale-t-il ?

©Louiza/Liberté

Les membres du bureau de l’Assemblée se sont contentés d’annoncer que la plénière sera convoquée ultérieurement, sans en préciser la date.

Annoncée auparavant pour mardi ou mercredi, la séance plénière pour l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée populaire nationale (APN) est reportée à une date ultérieure.
Hier, la réunion du bureau du Parlement n’a pas pris de décision, ni arrêté une date pour poursuivre le processus de destitution de Saïd Bouhadja. Les membres du bureau se sont contentés uniquement d’annoncer que la plénière sera convoquée ultérieurement, précisant que le dégel des activités de l’Assemblée est décidé afin de permettre, entre autres, à la commission des finances d’étudier le projet de loi de finances 2019. Hadj Laïb, membre de la commission, qui a annoncé “ces développements”, n’a pas jugé utile de répondre aux questions des journalistes qui attendaient plutôt des précisions sur les suites à donner à la fronde anti-Bouhadja. Rien de tout cela.
Le député n’a fait que lire le communiqué du bureau du Parlement qui fait suite à la confirmation de la vacance du poste de président par la commission juridique, de l’administration et des libertés de l’hémicycle. Est-ce un recul de la part des députés de la majorité ? Ont-ils pris conscience de la contradiction dans laquelle s’engouffrera l’institution avec la nomination d’un nouveau président sans garantir au préalable la démission de l’actuel ? Attendent-ils, comme de tradition, des orientations d’en haut ? Personne à l’APN n’a jugé utile de répondre à ces interrogations, afin d’éclaircir une opinion désorientée par le flou qui entoure depuis plusieurs jours ce bras de fer. Face à la résistance de Bouhadja qui réaffirme quotidiennement qu’il ne quittera pas son poste de président même s’il a été forcé à déserter son bureau à l’hémicycle, les députés qui ont concocté l’artifice juridique pour “rendre   vacant” un poste toujours occupé par son titulaire légitime, au regard de la loi, semblent être gagnés par le doute.
Hier, ces mêmes élus n’étaient surtout pas sûrs de l’aboutissement de leur démarche. Après la célérité avec laquelle ils ont convoqué le bureau de l’Assemblée et la commission juridique pour constater, puis valider la “vacance” du poste de président, ces députés semblent flancher à l’approche de l’heure de vérité. À souligner que la campagne de rejet par l’opposition de la séance plénière pour la désignation d’un nouveau président pour l’Assemblée enregistre quotidiennement de nouvelles adhésions. Après le RCD, le FFS, le MSP, l’alliance El Adala-El Bina-Ennahdha, c’est au tour du Front El-Moustakbel d’annoncer le boycott de cette rencontre. Khaled Tazaghart, député de cette formation, a souligné, à ce propos, qu’“on ne va pas participer à cette plénière”, ajoutant que “nous refusons de cautionner une démarche illégale”. Le député de Béjaïa a indiqué, par ailleurs, que pour son parti, “rien ne peut justifier un coup d’État parlementaire” contre “le moudjahid Saïd Bouhadja”, estimant que cette “bataille n’est pas dans l’intérêt de la nation algérienne combattante”, avant de s’interroger : “À qui profite cette crise ?”

Mohamed Mouloudj


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