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Face au révisionnisme de la France officielle

Le profil bas des autorités algériennes


Cette complaisance à l’égard de la puissance coloniale sur un sujet aussi important, à savoir sur un mythe fondateur de la nation, peut prêter à différentes interprétations. Dans sa surenchère avec Nicolas Sarkozy en perspective de l’élection présidentielle de 2017, François Hollande semble draguer à qui mieux-mieux les voix des harkis et des pieds-noirs.
A priori, il s’agit d’un débat franco-français si seulement il ne tournait pas autour d’un sujet sensible qui met à mal notre héritage national. Ainsi, après avoir cautionné par sa présence les propos du président de l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT) qui avait qualifié l’attentat du Milk Bar à Alger en 1956 d’acte“terroriste”, voilà que M. Hollande en vient à évoquer les “massacres” des harkis restés en Algérie. Le plus surprenant dans cette affaire est que les autorités algériennes ne se sont pas senties offensées outre mesure par ces contre-vérités. Sinon, comment expliquer ce silence assourdissant d’Alger face à ce qu’il faut bien qualifier de révisionnisme français officiel. Aux abonnés absents, notre ministre des Moudjahidine et l’Organisation nationale des moudjahidine n’ont pas jugé utile de rappeler à la France que c’est bien elle qui avait décidé d’envahir l'Algérie et qui y a perpétré des crimes innommables. De même que le FLN, dont le seul fonds de commerce est la guerre de Libération nationale, s’est abstenu de condamner ces propos inadmissibles à plusieurs égards. L’ex-parti unique continue à se terrer dans un mutisme qui en dit long sur son double jeu et sur les liens incestueux qu’entretiennent régulièrement ses dirigeants avec l’ancienne puissance coloniale. Doit-on, par ailleurs, s’attendre à une quelconque réaction de l’actuel gouvernement quand on sait que plusieurs de ses membres disposent de la nationalité française et de biens immobiliers cossus en France ? Après l’abandon de toute idée de “repentance”, il y aurait, aujourd’hui, comme une “réconciliation” dont ni les Algériens ni les Français n’auraient eu connaissance. Cette complaisance à l’égard de la puissance coloniale sur un sujet aussi important, à savoir sur un mythe fondateur de la nation, peut prêter, en effet, à différentes interprétations. Alors que certains évoquent, sans ambages, l’existence d’une “entente secrète” qui n’aurait été ni assumée ni annoncée publiquement, d’autres considèrent que ces compromissions répétées peuvent être assimilées simplement à une “intelligence avec une puissance étrangère”.
De ce point de vue, l’histoire nationale serait, ainsi, l’otage de “néo-harkis” tapis dans l’ombre de l’État.

Mohamed-chérif Lachichi



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