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Pour sortir des crises cycliques que vit le pays depuis 1962

Le RCD appelle à un “compromis opérationnel”

© yahia magha/Liberté

“La violation récurrente des lois, à commencer par la première d’entre elles, la Constitution, et le recours éhonté aux fraudes électorales placent l’Algérie dans le cercle des derniers absolutismes post-coloniaux”, estime le président du RCD.


Après le rejet de l’élection présidentielle décidé par son conseil national, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ne compte pas “rester les bras croisés”. Selon son président, Mohcine Belabbas, invité, hier, du forum hebdomadaire de Liberté, l’option rejet a été préférée au boycott car il n’y aura pas d’élection le 18 avril prochain. “Nous avons choisi de rejeter cette échéance, parce qu’il n’y aura pas d’élection, mais une désignation d’un chef de l’État.” Le chef du RCD a mis l’accent sur l’appel lancé par son parti en guise d’initiative politique devant accompagner le rejet de la présidentielle. Dans l’appel, lu par M. Belabbas en guise de propos liminaires aux débats, le parti fait un constat des plus alarmants sur la situation générale du pays. Ainsi, le RCD estime que “l’Algérie est face à de graves incertitudes” et “risque de plonger dans une période de tensions et d’instabilité aux conséquences dramatiques”. Pour le parti, les craintes et les angoisses des populations “ne sont pas seulement dues à la détérioration de la situation socioéconomique ou à un horizon bouché”, mais elles sont l’expression “de l’exaspération et du rejet rédhibitoire de tout discours ou action institutionnels”, et “elles renvoient aux pratiques irresponsables de dirigeants illégitimes”, à savoir “la violation récurrente des lois, à commencer par la première d’entre elles, la Constitution, et le recours éhonté aux fraudes électorales placent l’Algérie dans le cercle des derniers absolutismes post-coloniaux”. Le RCD regrette que “dans un pays qui fut à l’avant-garde du combat libérateur de notre continent, ces archaïsmes illustrent les reniements des sacrifices et des espoirs de notre peuple”. Le diagnostic fait par le RCD renvoie également à la prochaine présidentielle où la candidature du chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika, est illustrée comme l’un des archaïsmes du régime en place. “Ces procédés sont la manifestation d’un discrédit continu des institutions qui a progressivement éliminé tous les espaces de débat et de médiation”, dénonce le RCD, ajoutant que “le chef de l’État à la santé déclinante est désormais otage de ses propres choix”, mettant en garde, au passage, contre “le danger” de “sa désignation”. Abordant la gestion opaque de la vie publique, l’appel du RCD considère que “cette absence de vie publique transparente” a conduit “les responsables à se trouver des légitimités de substitution auprès de puissances étrangères qui négocient leur soutien au détriment de notre souveraineté ; concessions qui ont réduit le pouvoir à une fonction de sous-traitant régional d’intérêts géopolitiques sur lesquels la nation n’a aucune emprise”.

Processus électoraux joués d’avance
Cette gestion a fait que le pays est, aujourd’hui, “privé de ses capacités décisionnelles et vidé d’instances de représentation légitimes”, analyse le RCD, regrettant que “l’Algérie est réduite à la survie politique”, avant de s’interroger sur combien de temps peut encore tenir un tel scénario ? Dans son analyse de la situation, le parti de Mohcine Belabbas fait, également, référence à l’absence des contre-pouvoirs, due, soutient-il, “à la mise en coupe réglée du pays”, comme conséquence directe de l’absence de ces contre-pouvoirs pouvant réglementer et contrôler la gestion des affaires du pays par le pouvoir. Le RCD explique à ce propos que “le sursaut national exige un préalable, qui est un exercice du pouvoir contrôlé et responsabilisé devant une représentation nationale issue d’une expression populaire libre garantie par une instance indépendante de gestion des processus électoraux”. “Ce sont là quelques éléments pouvant aider à engager le pays sur la bonne voie”, a expliqué M. Belabbas, précisant que “sans ce minimum, toute opération électorale est vouée à la désaffection citoyenne”, ce qui accentuera, a-t-il dit, “une défiance nationale déjà grande et un discrédit international consacré par une indépendance confisquée”. Après avoir démontré le danger que représente le régime en place pour l’avenir du pays, le président du RCD a qualifié la situation à laquelle le pays a abouti “d’impasse historique”, face à laquelle, le parti a instruit ses militants de base à reprendre langue avec les militants politiques, syndicaux, associatifs et des citoyens “désirant, selon le RCD, s’investir dans la mise en place d’espaces de concertation pour une mobilisation citoyenne en faveur de la construction d’un rapport de force pour un nouveau départ”. Pour M. Belabbas, “cette démarche qui sollicite et associe les bases des organisations nationales, doit aller de pair avec un dialogue franc entre les instances qui les animent”. Un appel franc et direct pour la mise sur pied d’un espace de débat et de dialogue qui prendra forme depuis les bases militantes des structures politiques jusqu’aux états-majors des partis. Ce dialogue, écrit le RCD, intervient, “sur une scène nationale régentée par la police politique”, où “les postures manichéennes ne suffisent plus à rendre compte d’une situation bloquée à l’intérieur et illisible à l’extérieur”. Le RCD plaide, néanmoins, pour que “la ligne de crête doive distinguer les forces susceptibles d’adhérer à la défense de l’intérêt général et les éléments motivés par la recherche de reclassements carriéristes”. Un appel pour faire barrage à “la clientèle”, à la fois du régime et à celle qui pourrait se greffer à l’opposition. L’objectif assigné à cette initiative de dialogue, selon l’invité de Liberté “est de repenser l’organisation et le fonctionnement de l’État et de la République dans sa globalité”, afin “de sortir des crises cycliques que vit le pays depuis son indépendance”. “L’heure n’est pas à l’engagement dans des processus électoraux joués d’avance mais à l’ouverture d’un dialogue courageux, loyal et fraternel” pour “explorer les meilleures voies permettant la mise en place de conditions faisant du citoyen l’arbitre et l’acteur de son destin”, plaide le RCD, ajoutant qu’une fois ces fondements définis et adoptés “les urnes pourront, pour la première fois de l’histoire de la République algérienne rendre leur verdict”. Ce qui mettra fin à la fraude électorale et imposera le respect de la volonté citoyenne. Toujours concernant “le dialogue” auquel appelle de tous ses vœux le RCD, Mohcine Belabbas précise que “les résultats de ces rencontres et des échanges exploratoires que nous aurons à initier tant au niveau local qu’avec les directions nationales des diverses structures politiques, syndicales et associatives feront l’objet d’une première évaluation qui aura lieu avant la date du 18 avril 2019”, indiquant que “ces données serviront à affiner les réflexions pour donner une impulsion politique nourrie par des propositions de nos bases respectives, d’où émergeront le compromis opérationnel et l’agenda qui le déclinera”. Il a également souligné que cette initiative associera l’émigration. Dans son plaidoyer pour un dialogue courageux, Mohcine Belabbas a réaffirmé l’attachement du RCD à la libre expression citoyenne, en rappelant que les habitants des wilayas du sud du pays participent grandement au débat national à travers des problématiques très significatives, comme, a-t-il dit, le gaz de schiste contre lequel, un grand mouvement a été initié et géré à In Salah.


Mohamed Mouloudj

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