Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Karim Tabbou, dans un entretien accordé à “Liberté Arabi”

“Le régime est le problème, il ne peut être la solution”

Karim Tabbou, membre fondateur de l’UDS, un parti politique non agréé. © Archives Liberté

Le fondateur de l’Union démocratique et sociale prédit une aggravation de la crise dans les prochaines années.

Un des membres fondateurs de l’Union démocratique et sociale (UDS) (en attente d’agrément), Karim Tabbou, refuse de nourrir quelques illusions quant à une éventuelle évolution de la situation avec le régime en place.
“En tant que militant politique, je pense, qu’à ce jour, il n’existe aucun indicateur politique permettant de nourrir des espoirs de sortir de la crise avec les mécanismes du pouvoir : ce dernier est le problème et ne peut donc être la solution”, tranche-t-il dans un entretien accordé à Liberté (version arabe sur le web). “Je pense que le régime, après avoir mené de nombreuses tentatives qui ressemblent à des manœuvres politiques, tente, de nouveau, de tromper l'histoire, de gagner du temps, et de consommer le pétrole et les valeurs. Aujourd'hui, il est en grande difficulté, sinon il aurait veillé, après le deuxième ou le troisième mandat de Bouteflika, à l’émergence d’une cinquantaine ou soixantaine d’hommes d’État”, analyse-t-il. “Malheureusement, il n'y a plus rien, le régime était forcé de présenter Bouteflika pour un cinquième mandat.”
S’il consent qu’un changement puisse survenir au terme de l’étape actuelle, il note, cependant, que cela se fera au détriment de l’Algérie. “À la fin de cette étape, les Algériens seront au rendez-vous avec un mandat ouvert où toutes les possibilités seront envisageables. Pour des raisons biologiques, le régime sera condamné à trouver une issue pour lui-même et non pour l'Algérie, et le choix du régime sera de se sortir de cette crise et non de sortir l’Algérie de la crise”, dit-il, comme pour suggérer en filigrane qu’un éventuel nouveau bail de Bouteflika sera écourté. Convaincu que les prochaines élections, comme les précédentes, seront “fermées”, faute d’un “débat et d’un jeu ouvert”, Karim Tabbou prédit une aggravation de la crise durant les prochaines années. “Les gens, les experts et les partis partagent ce constat. Je pense que les années 2019, 2020 et 2021 seront plus difficiles en l'absence d'un processus politique de nature à susciter un sentiment national et à produire une initiative politique forte qui ouvre des perspectives aux Algériens. Pour cela, je pense que la crise va s’aggraver et aura un effet sur les jeunes.”  “Les phénomènes des harragas et de la consommation de stupéfiants seront plus intenses et accroîtront le désespoir de ce segment (les jeunes, ndlr), censé faire l'histoire et l'avenir, mais qu’on a voulu qu’il devienne l'otage de calculs politiques, de comportements et de décisions qui n'ont rien à voir avec la réalité algérienne d'aujourd'hui”, dit-il. Mais il rejette les accusations portées contre l’opposition en raison de l’hégémonie et des entraves de l’administration à l’exercice politique. “À mon avis, la responsabilité principale incombe à ce régime despotique qui n'accepte aucune autre opinion, ni n'accepte l'existence de partis (…) La mentalité de ce système rejette l’existence de toute organisation politique libre et a un mépris souverain du peuple”, soutient-il. “Le système traite également les institutions et les partis comme des ‘outils’ utilisés dans une équation politique simple, dans laquelle il y a des variables et des constantes : les variables sont les partis, le système a utilisé, un moment donné, les partis islamiques, puis les laïques et ceux de la gauche, mais la constante reste la survie du système”, ajoute-t-il, par ailleurs, avant de conclure : “Le régime en place est un  terreau de problèmes et de crises et un générateur de tragédies, y compris la corruption, l'injustice, l’impunité et le non-respect des lois.”


Karim K.

 



Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER