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A la une / Actualité

Son prix a connu une hausse de 64% en l’espace d’une année

Le rond à béton plombe le bâtiment

Le rond à béton de calibre 8 est très prisé pour la construction. ©D. R.

Les professionnels s’accordent à relever la précipitation qui a prévalu dans l’institution du régime des licences d’importation pour le fer à béton, mettant en avant le fait que la production locale n’assure que le tiers de la demande.

L’instauration, l’année dernière, du régime des licences pour les importations de rond à béton est en train de plomber lourdement le secteur du bâtiment, qui se retrouve gravement impacté par la hausse vertigineuse du quintal de ce produit sur le marché local. Cette augmentation des prix, dont l’envolée a été enregistrée durant l’été dernier, semble donc se maintenir à des niveaux très hauts. La tonne de rond à béton de calibre 8 (T8), très prisé pour la construction, s’affiche actuellement à 104 000 DA, soit 10 400 le quintal. En une année, le prix du quintal de rond à béton a presque doublé, passant de 6 600 DA à 10 400 DA, sous le double effet de l’instauration des licences d’importation et de la faiblesse de l’offre locale qui, pour le moment, reste loin de pouvoir répondre à la demande de plus en plus grandissante en raison de la multiplication des chantiers de construction publics et privés. L’augmentation en question paraît, d’emblée, énorme, puisqu’elle avoisine les 64% en seulement une année. Pour les autres calibres de rond à béton, le prix a également connu une hausse importante, mais demeure légèrement inférieur à celui du T8, la catégorie la plus demandée par le marché. La tonne de ce produit est proposée à un peu plus de
90 000 DA, soit 9 000 DA le quintal. Le marché du rond à béton subit donc les contrecoups d’une politique, pensée, avant tout, pour faire face à l’extrême urgence de diminuer les importations aux fins d’en réduire la facture onéreuse et de plus en plus pesante sur les finances publiques.
En l’absence d’une production locale suffisante, le recours à l’importation reste d’une impérative nécessité pour faire fonctionner les milliers de chantiers, notamment du bâtiment, des travaux publics et de l’hydraulique, grands consommateurs de fer à béton.        
Les professionnels pointent une politique irréfléchie du gouvernement qui n’est, visiblement, mue que par l’objectif qu’il s’est fixé de faire baisser la facture des importations sans trop s’interroger sur les retombées néfastes du verrouillage des importations sans alternative locale sérieuse. Et si l’action des autorités tendant à limiter les importations de produits fabriqués en Algérie est à saluer, la démarche devrait être autre pour ce qui est des filières où l’offre locale est limitée, comme c’est le cas actuellement pour le rond à béton.  
Les importateurs, les opérateurs, les promoteurs et même les analystes s’accordent à relever la précipitation qui a prévalu dans l’institution du régime des licences d’importation pour le fer à béton, au moment, en effet, où la production nationale peine à satisfaire la demande exprimée par le marché local.
À cela s’ajoute le fait de délivrer des licences pour des quantités limitées, ce qui a une conséquence directe sur le prix d’achat sur le marché international. Le tarif est, en effet, fixé sur la base de la quantité acquise. Par ailleurs, et selon les statistiques officielles, les besoins en fer à béton sont estimés à plus de 9 millions de tonnes/an, alors que la production nationale n’assure que 3,2 millions de tonnes, si l’on se réfère aux prévisions pour l’année en cours. Et ce sont les importations qui couvrent le déficit avec une moyenne annuelle de 5,8 millions de tonnes. C’est dire que dans l’attente de l’entrée en production des unités en cours de réalisation, le marché va continuer à souffrir de la baisse de l’offre qui était, jusque-là, soutenue par les importations. Les répercussions de cette envolée des prix du rond à béton ont déjà commencé à se faire sentir chez les professionnels du bâtiment dont l’offre en logements, notamment, va devoir impacter sur les prix du mètre carré bâti.
Ce sont donc à terme les prix des logements qui vont connaître une hausse au moment où le gouvernement a décidé de maintenir ses programmes de construction de logements et de lancer des incitations en direction des promoteurs immobiliers privés pour les pousser à s’investir davantage dans la participation à l’augmentation de l’offre nationale de logements. Le ralentissement, voire l’arrêt, des chantiers à cause de cette crise du rond à béton, pourrait également avoir des répercussions sur le marché du ciment qui risque, ainsi, de s’effondrer si la production locale ne trouve pas preneur.

Hamid Saïdani


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