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Tout en réitérant son appel à la libération des journalistes arrêtés

Le Saepe s’en prend à Ennahar et à Zoukh


Le Syndicat des éditeurs algériens de la presse électronique (Saepe, non agréé) a réitéré, hier, son appel à la libération des six journalistes et éditeurs mis en détention préventive, en l'occurrence Abdou Semmar et Merouane Boudiab du site Algérie Part, Adlene Mellah de Djazaïr Press, Liès Hadibi d'Al-Djazaïr24, Abdelkrim Zeghilache de Sarbacane et le journaliste indépendant, Saïd Chitour. Lors d'une conférence de presse tenue au siège de Maghreb émergent, les responsables du Saepe ont dénoncé le recours “abusif et injustifié” en début d'instruction à l'emprisonnement de ces confrères. Non sans accuser Ennahar TV, partie plaignante avec la wilaya d'Alger dans l'affaire d'Abdou Semmar, de s'être érigée en “procureur” et de se dresser en “ennemie” des journalistes. Le premier magistrat de la wilaya d'Alger, Abdelkader Zoukh, n’a pas été épargné par les conférenciers, notamment El-Kadi Ihsane, directeur de Maghreb émergent et de Radio M, qui l'accuse ouvertement de “survivant de l'affaire El-Bouchi”, soit l'affaire de la saisie des 701 kg de cocaïne au port d'Oran impliquant de hauts responsables et/ou leurs proches et dont l'accusé principal est Kamel Chikhi qui porte le sobriquet d'El-Bouchi (le boucher). El-Kadi Ihsane en veut pour preuve la proximité du frère du wali, en sa qualité de promoteur immobilier, avec “El-Bouchi”. “Oui, et je n'ai pas peur de le dire, Zoukh est un survivant de l'affaire El-Bouchi”, a martelé le membre fondateur du Saepe qui dénonce une “erreur de procédure” dans la plainte déposée contre Abdou Semmar au nom de la wilaya d'Alger. El-Kadi Ihsane, qui regrette que les confrères arrêtés soient traités comme des “terroristes”, considère que leur arrestation serait exclusivement liée à leur métier, en l'occurrence le web-journalisme. Ce métier, regrette-t-il, que le gouvernement refuse toujours de reconnaître. Dans une déclaration rendue publique à l'occasion, le Saepe dénonce, en effet, une campagne de “stigmatisation”, voire de “criminalisation”, qui viserait, selon lui, la presse électronique. Le Saepe accuse les autorités d'imposer un “embargo institutionnel” contre la presse électronique. D'où l’appel qu’il lance de nouveau, à cette occasion, aux pouvoirs publics, et notamment au ministère de la Communication, pour procéder à la levée de cet embargo et à l'ouverture d'un dialogue “direct” autour des propositions déjà soumises au département de Djamel Kaouane et qui restent sans réponse à ce jour. Le Saepe réclame, entre autres, la délivrance de la carte de presse aux web-journalistes et sa participation, en tant que syndicat, à la commission en charge de cette tâche. Le syndicat ne manque de s’élever, par ailleurs, contre la disposition intégrée de loi de finances 2019 relative au plafonnement des dépenses publicitaires des entreprises à 2,5% de leur chiffre d'affaires. Pour surmonter cette situation, les éditeurs de la presse électronique membres du Saepe se déclarent “disponibles” à coordonner leurs actions avec celles de leurs homologues de la presse papier, voire même ceux des chaînes privées, également confrontés quasiment aux mêmes problèmes.      

         
Farid Abdeladim



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