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Le secteur du textile s’offre une nouvelle vie

C’est une nouvelle vie pour le secteur du textile qui s’annonce avec la signature d’un accord de partenariat  algéro-turc pour la réalisation d’un complexe intégré d’usines de textile dans le nouveau parc industriel de Relizane.

L’Algérie, dont l’industrie textile a subi de plein fouet les effets de la mondialisation jusqu’à voir disparaître ses fleurons des années 1970, Sonitex et Sonipec, d’abord, et les autres ont suivi. Le temps de “l’industrie industrialisante” était bel et bien fini et la crise mondiale qui a touché le secteur du textile et de la confection en général a balayé plus fort et plus expérimenté que les entreprises algériennes. Les grandes marques mondiales ont dû toutes, sans exception, transférer leurs usines en Asie où les coûts de production leur permettaient de rester compétitifs. Des pays comme la Chine, le Vietnam et le Bengladesh disposaient d’une main-d’œuvre bon marché qui faisait le bonheur des grandes marques. Près de chez nous, des pays comme l’Égypte ou encore la Tunisie ont compris que ce secteur pourrait leur rapporter gros s’ils offraient les meilleures garanties aux multinationales, en matière de rapport qualité/prix. Du coup, vous achèterez votre jean’s Levis aux États-Unis made in Egypt, ou votre chemise Lacoste made in Tunisia, avec la qualité en plus. C’est cela la mondialisation et c’est à ce prix que le secteur du textile peut encore exister dans ces pays et faire vivre des milliers de familles.
L’Algérie a mis beaucoup de temps pour admettre cette nouvelle donne. Même le secteur privé, qui faisait de la production à petite échelle, peinait à survivre et certains ont délocalisé leurs activités en Chine.
Le partenariat avec les Turcs ouvre de nouvelles et sérieuses perspectives pour le secteur du textile en Algérie. Ce n’est pas une reprise d’une usine en difficulté ni une simple opération commerciale, mais un plan d’investissement qui devrait créer pas moins de 10 000 emplois et qui prévoit d’exporter 60% de la production.
Le contrat de partenariat, signé jeudi dernier entre la société de gestion des participations de l’État SGP-Industries manufacturières et le groupe turc Taypa, porte sur la réalisation d’un complexe intégré dédié aux métiers du textile dans le nouveau parc industriel de Relizane. L’accord prévoit la réalisation de 8 unités industrielles de textile et de confection, un centre d’affaires, une école de formation aux métiers du textile et de la confection et un pôle immobilier résidentiel pour le personnel, a indiqué le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, Chérif Rahmani, en marge de la cérémonie de signature.
Les usines de ce complexe devront produire des tissus, des articles de confection et de bonneterie, et toute la gamme des produits de textiles.

Ce projet devrait générer plus de 10 000  emplois, selon M. Rahmani
La société mixte, chargée de gérer ce complexe, devrait être créée fin juin 2013, en prélude au lancement des travaux de réalisation du complexe.
Le montant du projet est estimé entre 800 et 900 millions de dollars et sera investi par étapes, a indiqué, pour sa part, le P-DG du groupe turc, Mesut Toprak.
Les partenaires algérien et turc tablent sur un chiffre d’affaires de 50 milliards de dinars au bout de cinq ans, selon le président du directoire de la SGP-Industries manufacturières, Abdelhak Saïdani.
M. Rahmani a indiqué que le partenaire turc avait effectué plusieurs visites aux usines relevant de la SGP-Industries manufacturières pour s’enquérir des potentialités du secteur national du textile avant de décider d’investir en Algérie.
L’internationalisation des entreprises algériennes, la relance de la filière textile et la réduction de la dépendance de l’Algérie vis-à-vis des marchés extérieurs sont les objectifs de ce partenariat industriel basé sur le transfert du savoir-faire, a souligné le ministre. Ce projet vise, entre autres, à répondre aux besoins du marché et de la population en matière d’habillement féminin et masculin et particulièrement des jeunes, a-t-il ajouté.
Certaines fabriques du futur complexe de textile devraient produire 60 millions de mètres de tissu dont 60% de la production sera destinée pour l’exportation, et le reste pour une usine de confection de jeans, qui sera prochainement réalisée, a indiqué M. Saïdani.
Il est prévu également la production de 30 millions de pantalons jeans pour le marché local, a-t-il ajouté. Quelque 400 agents bénéficieront d’une formation dès la création de l’école de formation aux métiers du textile et de la confection, selon le président du directoire de la SGP-Industries manufacturières.
Pour sa part, le P-DG du groupe Taypa, qui capitalise 40 ans d’expérience dans le secteur du textile, s’est dit prêt à développer cette industrie en Algérie en fabriquant des produits de qualité pour le marché local et les marchés extérieurs.

Il n’a pas écarté l’éventualité de réaliser d’autres projets en Algérie
Le groupe, qui détient 5 usines de textile en Turquie et une usine en Égypte, produit pour les plus grandes marques européennes et mondiales du prêt-à-porter.
Dans un marché marqué par une guerre sans merci en matière de compétitivité, le pari lancé par les Algériens et les Turcs pourrait inciter d’autres acteurs dans les autres secteurs industriels à suivre cet exemple et à tenter de se projeter dans ce monde de la compétitivité.
Car, il ne faut pas se voiler la face, seul un secteur industriel productif, inscrit dans la logique de la mondialisation, pourrait constituer la véritable alternative à la dépendance actuelle aux hydrocarbures.


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