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Décès du militant des droits de l’Homme Kamal-Eddine Fekhar

Le silence complice du pouvoir et des partis islamistes


Le décès en prison, après 50 jours de grève de la faim, du militant des droits de l’Homme,  Kamal-Eddine Fekhar, est passé sous silence auprès d’une partie de la classe politique, et des autorités qui, contrairement à leurs habitudes, sont restées coites. 

Cette mort de trop a, certes, mis en émoi des pans entiers de la société, et plusieurs partis politiques, organisations de la société civile, ONG et personnalités nationales ont réagi en demandant l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités dans ce décès. Le FFS, le RCD et le PT, ainsi qu’Ali Benflis, Soufiane Djilali, Ahmed Djeddaï, Karim Tabbou et Me Ali Yahia Abdenour, pour ne citer que ceux-là, ont dénoncé “un assassinat politique” et une non-assistance à personne en danger, eu égard aux conditions désastreuses de détention et surtout sans jugement du militant mozabite. Mais contrairement à ces derniers dont le point commun est l’appartenance au camp démocratique, le décès du Dr Fekhar a laissé indifférente une partie de la classe politique, notamment les partis islamistes qui, pour le moins que l’on puisse dire, se sont murés dans un silence troublant. 

Pourtant, que de fois n’a-t-on pas entendu pérorer le MSP, le FJD et Ennahda et les autres partis de la même obédience, en déclarant leur soutien aux droits de l’Homme ? À telle enseigne qu’on croirait qu’ils sont les chantres des libertés fondamentales et des droits humains, ou des libertés tout court. S’ils le prétendent souvent, pourquoi n’ont-ils pas osé lever le petit doigt ne serait-ce que pour dénoncer un déni de droit et un abus d’autorité dont a été victime Kamal-Eddine Fekhar, qu’ils sont si prompts à dénoncer lorsqu’il s’agit de faits se déroulant dans d’autres pays ?

Cette position des partis de ce courant, ceux-là mêmes qui prônent des droits de l’Homme “à géométrie variable”, est, à vrai dire, une attitude pour le moins étrange. Parce que, quelles que soient leurs différences, ethniques ou religieuses, les Algériens ont tous fait les frais de l’injustice et des dépassements qui ont été le moteur de l’insurrection citoyenne du 22 février dernier. Ils sont censés, donc, se solidariser dans de pareilles circonstances, comme cela a été le cas dans les moments les plus durs. 

Lorsqu’une partie des militants de la même obédience a partagé les mêmes geôles avec les précurseurs de la cause identitaire dans les années 80. Mais l’épisode du combat identitaire de Fekhar, comme l’a été celui de l’arrestation de Louisa Hanoune, a peut-être eu l’effet de charrier une décantation entre démocrates et islamistes. Autre défaillance de taille : le pouvoir réel ou celui de façade qui n’a nullement réagi face à ce drame humain. Il a également, comme les partis islamistes, brillé par un silence pesant. Hormis la mise en place d’une commission d’enquête, qui est dans l’imaginaire collectif souvent synonyme d’étouffement de l’affaire, comme cela a eu lieu par le passé, il n’y a même pas eu un simple communiqué de compassion pour la famille du défunt, pour tout au moins calmer la région en colère dont est originaire le défunt. 

 

Amar R.


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