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A la une / Actualité

Mort suspecte du gendre du commandant Azzedine

Le silence troublant de la justice

Rabah Zerari, dit commandant Azzedine. © Archives Liberté

Au-delà des circonstances de la mort qu’il appartient aux autorités compétentes d’élucider, il est utile de relever le silence pour le moins troublant des autorités judiciaires.

Cette affaire a quelque chose d’une tragédie grecque. À bien des égards, elle emprunte beaucoup à des séquences d’un polar qui n’a rien à envier aux séries hollywoodiennes. Hamza Hadjouti, gendre de Rabah Zerari —plus connu sous le nom de commandant Azzedine, héros de Zbarbar — est mort mercredi soir dans des conditions troubles. Alors que le beau-père pointe du doigt des “individus” qui l’auraient “torturé à mort”, des sites électroniques, dont Algérie patriotique, appartenant au fils d’un ancien général-major et ministre de la Défense, citant des sources sûres, évoquent “un suicide”.
“Une vingtaine d'individus l'ont interpellé au CHU Mustapha où il rendait visite à son père qui venait d'être opéré au service de cardiologie. Ils se sont présentés comme des éléments de la Police judiciaire. Ils l'ont enlevé et torturé à mort”, a affirmé le commandant Azzedine dans une lettre publiée par certains médias. “Ce rapt s'est effectué sous les yeux de son épouse, ma fille”, a-t-il ajouté. Selon l’ancien chef du commando Ali-Khodja et héros de Zbarbar, l'épouse et la belle-famille ont été informées le lendemain du décès de Hamza par la brigade de gendarmerie de Bab Djedid. “Ils ont reçu une convocation de la brigade de gendarmerie de Bab Djedid et quand ils se sont présentés, on leur a appris, comme si cela relevait du normal, le décès de Hamza jeudi à l'hôpital de Blida alors qu'il était censé être à Alger, que sa dépouille se trouvait à la morgue de l'hôpital Mustapha et que le tribunal de Blida avait déjà délivré le constat de décès et le permis d'inhumer.”
Mais selon Algérie patriotique, Hamza Hadjouti “s’est suicidé avec son arme, alors qu’il venait d’être interpellé par les services de sécurité”. “Hamza Hadjouti, qui avait été arrêté alors qu’il rendait visite à son père hospitalisé, a trompé la vigilance des agents, a sorti une arme de poing – avait-il une autorisation de port
d’arme ? – et s’est tiré une balle à l’intérieur du véhicule à l’approche du siège des services de sécurité en charge de l’enquête sur une série d’affaires d’escroquerie et de trafic d’influence dans lesquelles le concerné est impliqué”, écrit ce média. “Se sachant pris au piège, le gendre du commandant Azzedine n’a, semble-t-il, eu d’autre choix que de se donner la mort, tant les accusations qui l’accablent sont gravissimes”, souligne la même source. Mais au-delà des circonstances de la mort qu’il appartient aux autorités compétentes d’élucider, il est utile de relever le silence pour le moins troublant des autorités judiciaires, si promptes, d’ordinaire à réagir à des affaires de moindre gravité, comme la grève des médecins, des enseignants ou encore l’évocation d’un aspect de l’histoire par un homme politique — la justice s’était autosaisie contre l’ancien président du RCD, Saïd Sadi, pour avoir prétendument accusé Messali Hadj de traître dans une conférence publique — pour n’en citer que quelques-unes, la justice observe un mutisme qui ouvre la voie à toute spéculation. Non seulement la victime est proche d’une personnalité historique, mais un corps de sécurité est cité par certains médias comme étant responsable du “rapt”.
Aussi un “lourd contentieux et passif”, évoqués récemment par la presse, entourent le commandant Azzedine, son gendre et sa fille adoptive Chellali Fifi (Lamia), mais dont le dénouement s’est égaré dans les méandres obscurs de la justice. En juin 2015, le commandant et son gendre ont été condamnés par la cour de Tipasa à deux ans de prison ferme et pour la fille adoptive six mois de prison ferme pour “escroquerie, faux et usage de faux et émission de chèques sans provision”. Les plaignants sont, entre autres, la famille du défunt Salah Boubnider, le fils de l’ancien maquisard Kouar et le célèbre journaliste Arezki Aït Larbi. Mais les peines… tardent à être exécutées ! Alors que les plaignants soupçonnent des “parties” au sein des cercles du pouvoir de “couvrir” cette forfaiture (on parle d’une escroquerie qui avoisine les 400 milliards)
(Liberté du 26 octobre 2017), le commandant Azzedine invoque, lui, “un complot politicien et règlement de comptes clanique” (Liberté du 17 octobre 2017).
Dans leur quête de recouvrement de leurs droits, les plaignants ont décidé de porter l’affaire y compris devant les tribunaux français — le commandant Azzedine y dispose d’un bien immobilier qu’il aurait acheté peu après avoir empoché l’argent de ses “créanciers” (les plaignants) — et contre l’avocat, Me Farouk Ksentini, qui aurait fait pression sur “les magistrats pour bloquer l’exécution d’une décision de justice”. À quoi rime ce silence ? Mystère et boule de gomme…


Karim Kebir

 


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