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Les oranais l’ont réitéré pour le 7e vendredi de suite

“Le système doit dégager dans son ensemble”

L’ingéniosité débordante des Algériens.© S. Ould Ali/Liberté

Des milliers de protestataires, vêtus de vert, blanc et rouge ou drapés dans l’emblème national, ont défilé hier aux boulevards de l’ALN, Émir-Abdelkader, à l’avenue Larbi-Ben M’hidi …

Ce vendredi, de nombreux slogans exigeant le “jugement des voleurs” et la restitution de l’argent du peuple ont retenti dans le ciel d’Oran aux côtés des traditionnels appels au “départ du système dans sa totalité” et l’instauration d’une nouvelle République débarrassée de la isaba (la bande). “Nous marchons et nous continuerons de marcher jusqu’à ce que la isaba qui a détourné les richesses du peuple depuis 1962 rende des comptes”, ont promis les Oranais qui ont battu le pavé pendant des heures. Et contrairement à ce que certains auraient pu croire après les événements de la semaine qui vient de s’écouler, le général-major Gaïd Salah est également contesté. 

“Il fait partie du même système, il doit également dégager !”, a ainsi tranché la rue en répétant toutefois son attachement à l’ANP par “l’armée et le peuple sont frères”. Les milliers de protestataires, vêtus de vert, blanc et rouge ou drapés dans l’emblème national, qui ont défilé hier boulevard de l’ALN, avenue Larbi-Ben M’hidi, bd Émir-Abdelkader…, ont réitéré leur détermination à ne rien lâcher. La démission de Bouteflika, le départ de Lamamra, l’arrestation de Haddad, les menaces de poursuites judiciaires qui pèsent sur un certain nombre d’hommes d’affaires n’ont pas calmé leur colère. “Il faut qu’ils comprennent qu’ils n’ont pas le choix, qu’ils doivent tous partir. Comment attendre de corrompus qu’ils luttent contre la corruption ?”, a lancé un jeune en exigeant le départ “des trois B”. “Nous refusons que Bensalah, Bedoui et Belaïz continuent de gérer les affaires du pays. Ils sont le visage du système qui a mené l’Algérie à la faillite”, a renchéri un autre en rappelant que “le gouvernement Bedoui est anticonstitutionnel et illégitime”. Les protestataires s’en sont également pris à “Saïd Bouteflika et au général Toufik, deux faces d’une même pièce” et à de nombreux autres actuels ou anciens responsables. “Ceux qui se sont enrichis sur le dos du peuple doivent restituer l’argent et payer pour leurs méfaits”, a-t-on encore insisté en rappelant que les partis politiques qui ont soutenu et profité du système sont concernés. 
À côté des vagues humaines qui ne cessaient d’affluer vers le rond-point Zabana pour marcher sur le front de mer ou prendre la route du port, un groupe de jeunes a improvisé un espace de débat, à proximité du jardin situé près du lycée Lotfi. Plusieurs manifestants ont ainsi pu exprimer leur ressenti ou exposer, parfois débattre, de leurs idées et leur vision de la nouvelle Algérie. Un point commun liait l’ensemble des intervenants : l’impossibilité de construire du neuf avec du vieux : “Le système doit dégager dans son ensemble.” Fait nouveau : certains commerces, dont des cafés et pizzerias, n’ont pas craint d’ouvrir. Après six vendredis de marche, il était devenu évident que la révolte algérienne était résolument pacifique…
 

S. Ould Ali


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