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Conférence de l’écrivain et journaliste français Richard Labévière

“Le terrorisme est consubstantiel à la mondialisation”

À l’occasion du 21e Salon international du livre d’Alger, le journaliste et écrivain français, Richard Labévière, a présenté, hier, à l’École nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information (ENSJSI), une communication sur “Le terrorisme mondialisé”, un sujet brûlant de l’actualité. “Cette conférence est en réalité un lever de rideau de mon ouvrage à paraître le 14 novembre prochain et intitulé Terrorisme, face cachée de la mondialisation.”
Spécialiste de questions géopolitiques et auteur de plusieurs ouvrages consacrés à ce fléau, Labévière a, d’abord, abordé “la marchandisation de la violence”, un marché en pleine expansion, un véritable secteur économique, à en croire l’intervenant qui notera, à ce sujet, la formidable mobilisation des appareils sécuritaires d’État et surtout la participation de nombreuses sociétés privées.
Dans son travail de “déconstruction”, le journaliste fera valoir que partout dans le monde, les budgets consacrés à la sécurité et à la défense ont augmenté depuis le 11 septembre 2001 de manière exponentielle au point que les États-Unis ont dû abandonner leur démarche “monétariste”  pour adopter une “approche keynésienne” et octroyer, ainsi, au Pentagone, “le budget le plus élevé depuis la Guerre de Corée”. Serait-ce donc une volonté délibérée de l’hyperpuissance américaine de propager ce fléau, notamment dans le sillage des “révoltes arabes” ? Non, pas vraiment.
Pour Richard Labévière, “il ne s’agit pas forcément d’un complot. La démarche des États-Unis est fluide et pragmatique. Elle consiste à saisir les opportunités et à gérer les crises au plus près de leurs intérêts”. Pour mieux étayer son propos sur l’enjeu économique, Labévière remontera au célèbre essai de Georges Bataille La Part maudite publié en 1949 et qui posait déjà les postulats d'une économie générale dont notamment le “gaspillage” appelé aussi “consumation”, un paramètre devenu aujourd’hui “nécessaire à l’expansion de la mondialisation”.
Richard Labévière considère que le terrorisme et son pendant la lutte antiterroriste sont devenus aujourd’hui véritablement une “industrie” qui emploie, par exemple, rien qu’en France, “autant de personnel que le secteur automobile”.
Il estime que la propagation du terrorisme est une conséquence directe des interventions étrangères, notamment au Proche-Orient. Et pas seulement ! “En Algérie, les intérêts saoudiens ont soutenu le GIA”, affirme-t-il au sujet de la décennie noire que les Algériens ont subie dans leur chair. Il en veut pour preuve, également, les velléités israéliennes qui, depuis Ben Gourion, s’échinent à “tribaliser” les pays arabes, une “fragmentation” souhaitée depuis des lustres. Pour lui, donc, “le terrorisme n’est pas un accident, un dysfonctionnement ou encore une poussée de fièvre. C’est la cause même de la mondialisation. Il en est consubstantiel”.
La seule vraie riposte à ce fléau mondial ou plutôt “mondialisé” est de revenir, d’après lui, à la souveraineté de “l'État national” dont il faut préserver les symboles sous peine de disparaître.

Mohamed-Chérif Lachichi


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