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Une note du ministère de la Santé avait alerté les walis sur le choléra

Les autorités ont-elles fait dans la rétention d’informations ?

Siège du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. © D.R.

La note du ministère de la Santé, longue de 8 pages, date du 22 août. Elle était adressée, entre autres, aux walis et faisait office d’alerte générale.

Au troisième jour de l’Aïd el-Adha, la nouvelle tombe tel un couperet. Nous sommes bel et bien frappés par le choléra et le directeur central de la prévention au ministère de la Santé admet la détection de 41 cas de choléra, confirmés. La presse est ainsi mise au courant pour relayer l’information au reste du peuple. Or, il paraît clair que les autorités étaient au courant bien avant cette déclaration, pour preuve qu’une note émanant du ministère de la Santé, datée du 22 août dernier, soit au lendemain de l’Aïd el-Adha, parle de la maladie.
Le document en question, dont nous détenons une copie, est assez volumineux (huit pages), ce qui présume qu’il n’a pas été préparé au pied levé. Son contenu n’est pas non plus négligeable et atteste à quel point son rédacteur a mesuré la portée de ses propos pour les avoir si bien formulés et surtout… pris le temps nécessaire pour les écrire. Logique : il s’agit là de vie ou de mort puisque dans l’histoire on enregistre des décès sans omettre que l’OMS oblige les pays touchés par cette maladie à le déclarer publiquement. Ce qui reste troublant, en revanche, c’est tout ce retard pris pour prendre le taureau par les cornes et reconnaître officiellement l’existence de cette maladie moyenâgeuse qui nous frappe de plein fouet en 2018. Ce retard qui a joué en défaveur de la population en ces jours de fête religieuse qui favorise le contact et les visites à la famille et aux amis. C’est aussi un moment durant lequel de nombreuses mesures auraient pu être prises à commencer par le ramassage des ordures ménagères. Mais il n’en a pas été ainsi alors que la note du ministère adressée aux walis, à l’inspecteur général, au directeur de l’Institut de la santé publique, au directeur de la pharmacie et des hôpitaux, au directeur de l’Institut Pasteur, à la directrice du centre de toxicologie, aux directeurs de la santé, aux directeurs des établissements hospitaliers et des établissements hospitaliers spécialisés, des établissements hospitaliers publics, des établissements publics de santé de proximité ainsi qu’au directeur de l’ EHU d’Oran et aux directeurs généraux des CHU, parle justement des précautions à prendre et reconnaît que “la rupture ou l’absence des mesures d’hygiène du milieu exposent notre pays à un haut risque de recrudescence des maladies à transmission hydrique, notamment les dysenteries, la fièvre typhoïde et le choléra, surtout en cette période estivo-automnale”.  
La note en question est signée de la main même de Djamel Fourar, directeur de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère. Un département dont le patron n’a fait aucune apparition jusque-là.
Mais où est donc passé Hasbellaoui qui aurait dû se trouver en première ligne et faire l’annonce lui-même comme l’indique la règle d’usage ? Quoi qu’il en soit, le document en question cerne à peu près tous
les aspects liés à la maladie et sa prise en charge.
Il commence même par la définir, la décrire (signes cliniques), il évoque les mesures d’hygiène à adopter et insiste sur le fait que “la maladie est guérissable si les moyens thérapeutiques sont appliqués précocement”. Et c’est justement là que le bât blesse, car les témoignages recueillis auprès de la population dans les régions touchées témoignent d’une mauvaise prise en charge dès le départ et de la lenteur après. C’est que la défaillance en communication est toujours de mise laissant libre cours aux folles rumeurs semant l’anxiété et le désarroi parmi la population.


Nabila SaÏdoun

 


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