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Des ONG de soutien aux sans-papiers dénoncent des placements abusifs

Les centres de rétention en France remplis d’Algériens

© D.R

Les expulsions sont à l’arrêt depuis la fermeture des frontières entre la France et l’Algérie.

De nombreux compatriotes, visés par des procédures d’éloignement, sont enfermés, depuis des semaines, dans des centres de rétention pour étrangers en situation irrégulière en France, dans l’attente éventuelle de leur renvoi en Algérie. Les conditions et les délais d’enfermement ont fait réagir des associations de défense et d’aide aux sans-papiers qui dénoncent des placements abusifs. 

Dans une déclaration au site info-migrants, il y a quelques jours, Paul Chiron, responsable du soutien juridique de l’Ong Cimade, a fait savoir que “les centres sont remplis d’Algériens” qui ne peuvent pas être expulsés car les frontières de leur pays sont fermées. 
Le militant associatif évoque la situation ubuesque de certains individus qui sont restés enfermés pendant la durée légale maximale de séjour (90 jours) avant d’être relâchés, mais en étant munis de l’obligation de quitter le territoire français (OQTF). 
Une note d’information adressée récemment par la Direction générale de la Police des frontières (DGPF) aux préfectures comporte une liste restreinte de pays extra-européens où les renvois de sans-papiers sont toujours possibles. Il y a la Tunisie, l’Égypte, mais pas l’Algérie. Avec la Cimade, d’autres associations comme le Comede (Comité pour la santé des exilés), l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), ainsi que le Syndicat des magistrats s’insurgent contre le maintien en détention de clandestins qu’il est impossible d’expulser compte tenu de la suspension des liaisons aériennes avec leurs pays. En avril dernier, ces organisations ont fait front commun pour réclamer la fermeture des établissements dans un contexte sanitaire très tendu, à cause de la pandémie de coronavirus. Plus globalement, les ONG françaises s’insurgent contre la gestion pénitentiaire des centres de rétention. “L’enfermement en rétention est détourné de son objet légal dans une logique punitive, participant à la criminalisation des personnes étrangères”, déplore Paul Chiron. 
Le même constat émane d’un rapport réalisé en juin dernier par Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation des libertés (un organisme administratif indépendant).
Cette ancienne magistrate a décrit un univers impitoyable qui rappelle celui des prisons. “Espaces cloisonnés, circulations internes compliquées, clôtures surmontées de barbelés. Les conditions de vie dans les centres de rétention administrative en France s’apparentent de plus en plus à un système carcéral”, révèle le rapport. 
Celui-ci évoque, par ailleurs, certaines pratiques comme le menottage systématique pour tous les déplacements et le recours fréquent aux isolements disciplinaires, non autorisés par la loi. Selon Paul Chiron, les placements abusifs “provoquent un sentiment d’injustice de plus en plus fort chez les étrangers enfermés et se traduisent par des actes extrêmes qui se multiplient tels que des automutilations, des grèves de la faim, des départs de feu, etc.”.
Il y a quatre mois, un jeune Algérien s’est pendu dans une prison de Bayonne (dans le sud de la France) après avoir tenté de s’échapper d’un centre de rétention de la même ville où il avait été enfermé. Sa mort rappelle le suicide d’un autre compatriote dans un centre de rétention de Toulouse en 2018.
Pour sa défense, le gouvernement a indiqué que l’enfermement, ces derniers mois, cible surtout les personnes qui présentent un risque pour la sécurité publique, car ayant déjà fait des séjours carcéraux. 
Dans un bilan transmis à une mission du Sénat, qui a rendu son rapport début juillet, le ministère de l’Intérieur assure que plus de 60% des étrangers admis dans les centres de rétention entre mars et mai 2020 sortaient de prison.

De Paris : samia lokmane-khelil


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