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Le choix de son directeur de campagne contesté par les Touareg

Les chances du président sortant s’amenuisent dans le Hoggar

à moins de deux mois de l’élection présidentielle, l’Amenokal de l’Ahaggar, Ahmed Edabir, annonce la fin du pacte de fidélité que le candidat Abdelaziz Bouteflika avait entretenu pendant 20 ans avec les Touareg. Lors d’une entrevue accordée jeudi à Liberté, M. Edabir s’est insurgé contre le directeur de campagne du Président sortant, Abdelmalek Sellal, qui s’est conféré le tutorat des Touareg en se permettant de désigner, d’une manière unilatérale, un coordinateur local de campagne dont la notoriété ne dépasse pas le chef-lieu de la wilaya de Tamanrasset. La désignation, vivement contestée localement, a suscité colère et indignation chez les notables de la région, mais surtout chez les jeunes qui veulent en finir avec ces responsables qui exsudent la médiocrité de tous les pores.
Pour être clair, l’Amenokal précise que l’État qui n’a, vraisemblablement, pas tiré les enseignements des précédents soulèvements populaires ni encore de la dernière démonstration de force que les Touareg avaient organisée en mars 2018 pour réhabiliter l’autorité traditionnelle, prend des décisions sans l’informer ne serait-ce qu’à titre consultatif.
“Nous ne sommes pas contre le choix de la personne, mais contre la procédure même de cette désignation qui ravive le sentiment de marginalisation et d’exclusion chez les Touareg auxquels on ne fait appel que pour remplir les salles de meetings électoraux. Pourtant, Sellal sait mieux que personne que rien ne se décide ici sans le consentement et la concertation des chefs de tribus de l’Ahaggar. Il ne peut donc nous imposer un arriviste pour gérer nos affaires ou parler en notre nom. Il est temps qu’il assume la responsabilité de ses mauvais choix”, peste M. Edabir comme pour signifier que les chances de faire passer la carte du 5e mandat ont été hypothéquées, voire compromises par le directeur de campagne électorale du candidat Abdelaziz Bouteflika. Entouré de quelques notables, d’anciens députés et des cadres de la région, l’Amenokal a étalé l’historique des quatre mandats de Bouteflika pour montrer que l’ex-Premier ministre qui s'est arrogé le droit de rallier à la coordination les fervents opposants à son candidat au détriment de ses véritables partisans, n’en est pas à sa première bourde.
“Cette fois-ci, il (Sellal, ndlr) doit bien comprendre que les Touareg ne sont pas une roue de secours, mais une partie prenante dans toutes les décisions relatives à la stabilité et à la souveraineté de ce pays”, a conclu le chef spirituel des Touareg du Hoggar. Les présents à cette réunion ont été unanimes à déclarer que le geste de Sellal défavorise son candidat qui fait déjà l’objet d’une large contestation en raison de sa santé chancelante.
Le directeur de campagne a donc fourni l’alibi d’un échec annoncé et prémédité du candidat Abdelaziz Bouteflika à la prochaine élection présidentielle, si élection il y a.   
Abdelkader El-Mali aura ainsi perdu l’une de ses prestigieuses bases du front du Sud, bien que de hauts responsables et d’anciens ministres aient tenté de rattraper le coup avec l’Amenokal qui, d’ores et déjà, s’est démarqué de toutes les fourberies fomentées en son nom pour donner un sens au prochain scrutin.


RABAH KARECHE


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