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Conséquence de l’incarcération de Tahkout

Les commandes chez Cima Motors suspendues

© D. R.

“La décision a été prise pour livrer d’abord les véhicules commandés précédemment par notre clientèle et liquider les stocks actuels”, explique un agent commercial.

Les poursuites judiciaires dont font l’objet actuellement le président du groupe TMC (Tahkout Manufacturing Company) et quelques membres de sa famille ont eu un impact direct sur les activités de la filiale Cima Motors, distributeur de la marque automobile sud-coréenne  Hyundai en Algérie. 
Hier, tous les showrooms et les succursales relevant de cette société ont suspendu les commandes de la clientèle. Au showroom de Ben Aknoun, situé aux Asphodèles, seulement deux commerciaux étaient présents. Contrairement aux jours précédents, ils ne sont pas dans leurs bureaux respectifs. 

L’agence est, certes, ouverte, des véhicules sont exposés avec leurs caractéristiques et leurs prix affichés, mais point de clients. Sollicité pour passer une commande, l’un des agents commerciaux déclare tout de go qu’il n’était pas possible de le faire. “Désolé, nous ne prenons pas de nouvelles commandes jusqu’à nouvel ordre. La décision a été prise pour livrer d’abord les véhicules commandés précédemment par notre clientèle et liquider enfin les stocks actuels”, explique-t-il. À la question de savoir quelles étaient les raisons à l’origine d’une telle mesure, notre interlocuteur est catégorique : “Nous ne sommes pas au courant. Cela ne dépend pas de nous.” Quand le carnet de commandes sera-t-il rouvert ? “Nous ne pouvons pas vous donner une réponse exacte. Peut-être ce soir, demain, la semaine prochaine ou prochainement…”, indiquera un jeune commercial, les yeux rivés sur son smartphone, à la succursale sise aux Grands-Vents.

 Là aussi, les employés chargés de la clientèle ne reçoivent pas de nouveaux dossiers. “On nous a demandé d’accélérer beaucoup plus les livraisons et de suspendre les nouvelles commandes”, affirmera son collègue. Mahieddine Tahkout, patron du groupe TMC, son fils Bilal et ses deux frères, Hamid et Rachid, ont été placés, faut-il le rappeler, lundi matin sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed. Cette décision a eu des conséquences sur les activités de montage automobile du groupe TMC. En effet, tout le réseau Cima Motors était à l’arrêt, soulignent certaines sources. La succursale de Reghaïa, une des plus grandes du réseau, a fermé ses portes aux clients hier durant la matinée et suspendu toute prise de commande sur les modèles Hyundai. 

Les responsables de TMC ont décidé de suspendre les commandes de nouveaux clients à cause du flou qui caractérise l’avenir du groupe, avec tous les soucis de justice que vivent, ces jours-ci, ses dirigeants. Une version démentie aussitôt par le directeur de projet et chargé des relations avec la presse, Idriss Loubar. Contacté, ce responsable avouera que cette décision a pour seul objectif de “vérifier nos stocks avant de faire nos prévisions”. Car, arguera-t-il, “notre stock est actuellement un peu limité”. Et la société, précisera-t-il, ne peut prendre de nouveaux engagements sans connaître l’état des stocks. “Nous nous engageons vis-à-vis de nos clients pour un délai de livraison de 45 jours.

Nous devons respecter ces délais”, soulignera M. Loubar. La reprise des commandes se fera, promettra-t-il, avant la fin de la semaine en cours. Idriss Loubar soutient que la mesure prise n’a aucun lien avec les poursuites judiciaires dont font l’objet les dirigeants du groupe. “Cela n’a rien à voir avec les décisions de la justice. Certes, nous avons connu quelques perturbations lundi à la suite des décisions de justice et avons décidé de fermer durant la matinée. Mais nous avons rouvert nos showrooms, nos ateliers… dès ce matin (hier mardi, ndlr)”, indiquera M. Loubar.
 

B. K.