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AVANT-PROJET DE LOI DE FINANCES 2022

Les dépenses publiques en forte hausse

Le siège du ministère des Finances. © Archives Liberté

Le budget de l’état pour 2022 dans sa première mouture prévoit une importante hausse des dépenses de fonctionnement; celles-ci se hissant à 6 311 milliards de dinars, contre 5 314 milliards de dinars cette année.

Après que le chef de l’État a réclamé à son gouvernement de retravailler sa copie budgétaire pour 2022 en accordant au pouvoir d’achat une place centrale, les arbitrages de l’Exécutif donnent la priorité au retour de l’investissement budgétaire et à la prise en charge de l’équation du pouvoir d’achat.

En matière de dépenses, l’Exécutif a carrément cassé la tirelire, arbitrant en faveur d’une importante hausse des deux budgets de fonctionnement et d’équipement.

L’avant-projet de loi de finances 2022 prévoit, en effet, une importante hausse des dépenses de fonctionnement ; le budget se hissant à 6 311 milliards de dinars, contre un budget de 5 314 milliards de dinars cette année, marquant ainsi une hausse d’environ 1 000 milliards de dinars.

Les promesses en matière de pouvoir d’achat engendreront ainsi une hausse importante des dépenses de fonctionnement et un effet considérable sur le déficit budgétaire. Celui-ci devrait caracoler à plus de 4 000 milliards de dinars en 2022, contre un déficit de près de 3 000 milliards de dinars cette année.

Les arbitrages budgétaires au titre du prochain exercice semblent privilégier la reprise de l’activité économique par le retour à la politique de l’investissement budgétaire qui, pendant plusieurs années, tirait l’essentiel de la croissance hors hydrocarbures.

Les dépenses d’équipement grimpent ainsi à 3 546 milliards de dinars, contre un budget de 2 798 milliards de dinars cette année, lit-on dans l’avant-projet de loi de finances 2022, dont Liberté détient une copie. Cela fait un total dépenses de près de 10 000 milliards de dinars pour 2022.

Il semble ainsi que l’exercice budgétaire auquel s’est livré le gouvernement est moins complexe que celui de 2020, en période de forte chute des cours pétroliers mondiaux et d’une crise sanitaire dont l’onde de choc a fragilisé aussi bien l’économie que les ménages.

Il ressort du budget 2022 que les dépenses vont dans le sens de la prise en charge des impératifs liés à la croissance et à la crise sociale. Ces dépenses de fonctionnement et d’équipement atteignent 9 857 milliards de dinars. Ce niveau de dépenses signe un retour aux politiques d’expansion budgétaire qui ont marqué les années du pétrole cher.

Au chapitre des recettes, l’avant-projet de loi de finances 2022 table sur 5 683 milliards de dinars de revenus fiscaux, dont 3 579 milliards de dinars de ressources ordinaires et de 2 103 milliards de dinars de revenus de la fiscalité pétrolière.

La baisse de l’IRG-salaire, une des mesures suggérées à l’effet d’améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs, ne semble pas impacter le niveau de recouvrement fiscal, puisque les recettes signent un léger rebond par rapport à cette année, dont les projections contenues dans la loi de finances 2021 tablent sur des recettes de 5 328 milliards de dinars.

Les recettes fiscales devraient ainsi connaître un bond d’un peu plus de 350 milliards de dinars en 2022 comparativement au niveau des ressources prévu cette année. L’année 2020 a été marquée par une importante baisse des recouvrements fiscaux, à raison de -16% pour l’IBS, -26% pour l’IFU, -9% pour la TVA et -13% pour les droits d’enregistrement et timbre.

Le budget 2022, qui fait la part belle au pouvoir d’achat, semble amortir le manque à gagner que générera la baisse de l’IRG, qui accapare une part importante dans la structure des impôts directs.

Il semble que des mécanismes et des niches de compensation aient été trouvées en dehors de la fiscalité pétrolière qui n’évoluera que de 184 milliards de dinars en 2022 comparativement à 2021.

Pour ainsi dire, les arbitrages budgétaires au titre du prochain exercice semblent privilégier le pouvoir d’achat et la reprise de l’activité économique qui ont beaucoup souffert de la panne politique et des effets de la Covid-19.

L'intensification des partenariats public-privé, le ciblage des subventions, la révision du système fiscal, ainsi que l’élimination des lois toxiques entravant l’investissement sont des préliminaires à toute démarche visant la relance, non pas de la croissance au sens restreint, mais la relance économique dans sa globalité. 
 

Ali TITOUCHE


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