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L’habitat précaire résorbé et la crise du logement allégée d’ici 2014

Les effets d’annonces des pouvoirs publics

La tenue des Assisses nationales sur l’urbanisme a empiété naturellement sur le segment logement, qui préoccupe une large proportion de la population. Le directeur du logement au ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, M. Ferroukhi, nous a certifié, hier en marge des travaux de la plénière, qu’il est difficile d’avoir une statistique fiable sur le volume de la demande sur le logement, notamment celui aidé par l’État. La veille, le ministre de tutelle, Noureddine Moussa, s’est référé au nombre de mariages enregistrés chaque année à l’état civil (quelque 350 000) pour affirmer que 60% d’entre eux sont demandeurs d’un logement. Le nombre est important. Toutefois, les autorités s’engagent à le prendre en charge dans des délais courts, c’est-à-dire à échéance 2014. Elles mettent, à ce titre, en avant le programme de deux millions de logements, auquel le président de la République a ajouté un quota de 400 000 unités, lors du Conseil des ministres du 22 février dernier. Pour les professionnels du secteur, ce n’est là que des effets d’annonce, qui donnent de faux espoirs aux milliers de citoyens, en quête d’acquisition d’un bien immobilier. En premier lieu, l’Algérie n’est parvenue à produire, au summum de ses capacités, qu’environ 150 000 logements par an. Ce qui sous-entend qu’en trois ans, il ne sera possible de construire, avec de très bons pronostics, que 500 000 logements, soit le cinquième de ce que promettent les pouvoirs publics. Au-delà, l’ambiguïté qui entoure la gestion des programmes réceptionnés fait que les logements ne sont pas automatiquement attribués à ceux qui en ont réellement besoin. Hier matin, à l’émission “L’invité de la III”, le directeur du logement de la wilaya d’Alger, Mohamed Smaïl, a affirmé que dans trois ans, la capitale sera complètement débarrassée de l’habitat précaire. Il a précisé que 50 000 familles, recensées en 2007 dans 700 sites de bidonvilles, seront ciblées par le relogement. Dans le lot, seront également intégrées les familles qui vivent dans des quartiers populaires ou des logements insalubres. Environ 48 000 logements sociaux locatifs sont en cours de réalisation à Alger et 20 000 en prévision. Ce nombre absorbera-t-il la demande ? Évidemment pas. D’autant que près de la moitié (40%) sera réservée aux jeunes de moins de 35 ans. Par ailleurs, même si le ministre de l’habitat et de l’urbanisme a assuré, dimanche lors de sa conférence de presse au Palais des nations, que l’opération de distribution des logements sociaux ne souffre d’aucune anomalie, la colère des citoyens, à chaque fois qu’une liste de bénéficiaires est affichée dans une commune, a certainement sa raison d’être.
M. Smaïl a déclaré qu’Alger bénéficiera d’un quota de 130 000 logements, toutes formules confondues, avant la fin du mandat présidentiel. 20 000 unités seront proposées aux logements promotionnels aidés, destinés aux ménages dont le revenu est supérieur à 24 000 DA et inférieur ou égal à 90 000 DA (six fois le SNMG). La formule est séduisante. La seule contrainte qu’elle pose a trait à l’apport initial, qui se situe entre 700 000 et un million de dinars. Une somme difficile à économiser, pour des couples qui vivent uniquement de leur salaire et qui assument les charges de la location, hors normes dans la capitale. “En tant qu’État, nous ne pouvons pas faire des formules adaptées à chaque cas. C’est vrai que les algérois sont confrontés à des prix très élevés de l’immobilier et de la location, par rapport à d’autres wilayas, mais nous sommes obligés d’être équitables en matière de l’aide de l’État”, nous a déclaré M. Ferroukhi. “L’apport initial ne peut pas être supprimé de cette formule, car cela entre dans le cadre commercial. L’opération financière doit être bouclée au départ”, a-t-il expliqué. Il a précisé que le client et le promoteur immobilier doivent se mettre d’accord sur le montage financier avant la finalisation du contrat de vente. À ce titre, l’apport initial pourrait se limiter à 10% du coût du logement si la banque accorde un crédit immobilier qui couvre le reste. Il a ajouté que le LPA se distingue du LSP (logement social participatif), par la condition posée au promoteur immobilier de s’engager sur un cahier des charges détaillé (délais de réalisation, coût du logement, sa qualité…).
Le directeur du logement au ministère de tutelle a indiqué, par ailleurs, que l’État ne souhaite pas bonifier les taux de crédits accordés à des particuliers qui acquièrent un logement auprès de particuliers pour deux raisons : encourager, d’une part, les promoteurs à s’investir dans la construction de logements neufs et, de l’autre, ne pas booster la spéculation, déjà importante, dans le marché de l’immobilier.