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A la une / Actualité

association des entreprises privées au secteur pétrolier

Les experts sceptiques

La compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach se tourne aujourd’hui vers le privé national, en voulant l’intéresser à l’investissement dans le secteur des hydrocarbures, dans le cadre d’un processus d’intégration industrielle dans ce domaine. Expert de longue date dans l’énergie, Ali Kefaïfi reste sceptique. De son point de vue, la compagnie nationale des hydrocarbures a, en fait, estimé qu’elle devra le faire non pas parce qu’elle veut aider le privé national à se développer et à se joindre à ses efforts en matière d’investissement dans le secteur des hydrocarbures, mais parce qu’il y a déséquilibre grave dans la balance commerciale et les comptes courants, car il faut bien intégrer les services dans le volume et la valeur des importations. Il affirme que c’est une bonne chose que Sonatrach intéresse le privé à l’investissement dans le secteur pétrolier, mais il fallait le faire il y a dix ans, faisant observer cependant qu’il est trop tard pour pouvoir le faire aujourd’hui dans l’urgence, dans une économie en difficulté, avec des contraintes financières sévères résultant de la crise que connaît le pays depuis 2014. Car, dit-il, le challenge pour les entreprises, qu’elles soient privées ou publiques, n’est pas seulement d’aller dans la bonne direction, mais bien de parvenir aux buts fixés, parce qu’il s’agit de concevoir et de fabriquer des produits pour un secteur exigeant. Et cela pourrait s’avérer difficile, si elles ne se donnaient pas le temps de s’y préparer avant de s’engager dans un tel processus, fût-il intégrateur. Une concurrence aguerrie imposée par des sous-traitants étrangers, des temps serrés, les exigences du marché font qu’il serait difficile pour nos jeunes sociétés de prendre un bon départ dans ce secteur. De quelles exigences s’agit-il ? Pour M. Kefaïfi, le privé national doit fabriquer en quantités suffisantes les produits (pièces de rechange, pompes, anneaux, tuyaux…) à vendre à Sonatrach. Et il doit le faire aux normes. “Nos entreprises doivent respecter des standards très rigoureux, imposés par l’American Petroleum Institute (API).” L’expert explique comment cela se passe, soulignant ainsi que “les sociétés doivent faire parvenir toute une documentation comprenant différents ‘pour faire’ valider leurs produits, c’est un travail sérieux, qui prend du temps”.
Pour sa part, Saïd Beghoul, expert également en énergie, estime que cette intégration est une nécessité absolue qui devait être lancée il y a longtemps. Il relève toutefois que “les travaux de la rencontre d’hier entre responsables du secteur des hydrocarbures et le privé national me rappellent ceux de mars 2015, quand Youcef Yousfi, alors ministre de l’Énergie, avait appelé les entreprises privées à la rescousse”. Mais, rappelle-t-il, “trois ans après cette réunion, il n’y a eu aucun progrès”. Et d’ajouter : “Si aujourd’hui on revient à la case départ, cela signifie que rien n’a été concrétisé.” “Je n’ai pas grand espoir que ce soit la bonne cette fois-ci”, redoute-t-il. “Je crois, poursuit-il, qu’il faut reconnaître qu’en dehors de certaines entreprises parapétrolières du groupe Sonatrach, les autres entreprises publiques ou privées n’ont malheureusement pas capitalisé une expérience dans le domaine pétrolier qui a trop longtemps été la chasse gardée de l’État”. L’expert pense que la barre est encore trop haute pour que les entreprises privées puissent contribuer efficacement au secteur des hydrocarbures. “L’industrie pétrolière est un business complexe et capricieux. Les entreprises privées doivent être d’abord préparées et accompagnées durant une phase de transition avant de les lancer dans un environnement qui n’a jamais été le leur”, avertit-il. Pour réussir, dit-il, “il y a lieu de mettre en place un partenariat d’accompagnement entre Sonatrach et les sociétés privées ciblées”. Pour lui, le management et la technologie dans le pétrole doivent être inculqués aux entreprises privées. Le problème, relève-t-il, c’est que l’“easy oil” (pétrole facile) devient de plus en plus rare et Sonatrach se doit de trouver des partenaires qui, technologiquement et financièrement, sont capables de booster notre industrie pétrolière qui agonise depuis plus d’une dizaine d’années.

Youcef Salami


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