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Situation épidémiologique du VIH/sida en Algérie

Les femmes sont plus touchées que les hommes

Au-delà des avancées remarquables enregistrées ces dernières années en matière de microbiologie, l’Algérie devra encore consentir plus d’efforts pour développer et accélérer le système de dépistage qui reste le maillon faible  dans le processus de prise en charge de l’épidémie VIH/sida.
Ce constat a été approuvé, hier, à l’unanimité, par les participants aux travaux de la VIIIe Journée nationale de la société algérienne de microbiologie clinique. Ce rendez-vous académique a levé le voile sur les actualités de l’infection VIH/sida en Algérie. Le professeur Laouar a brossé un tableau plus ou moins exhaustif sur l’évolution de l’épidémie de l’infection VIH. L’infectiologue exerçant au CHU d’Annaba a d’abord battu en brèche la thèse du ministère de la Santé qui dit que l’épidémie reste peu active parmi les groupes de personnes à risque traditionnel. Pour le professeur, la situation est loin d’être reluisante puisque, selon lui, la maladie semble s’accélérer ces dernières années. “Le taux de prévalence générale estimé à 0,1% est dépassé. Ce taux n’a pas  été réajusté depuis 5 ans. La prévalence est, en fait, plus élevée de 0,3 à 0,5%”, lancera le Pr Laouar à l’assistance. Son intervention, qui se veut autant dénonciatrice qu'académique, a conclu que l’épidémie est en train de se féminiser. Chiffres à l’appui, le conférencier lancera que 54% des nouvelles infections dépistées concernent le sexe féminin, selon des statistiques de 2013. Les femmes sont particulièrement, dira-t-il, plus touchées que les hommes dans la tranche d’âge des 20-24 ans à l’échelle nationale. Autrement dit, les femmes sont en première ligne de l’épidémie. La transmission du VIH de la mère à l’enfant est estimée, selon lui, autour de 20% selon des statistiques de 2014. Ces chiffres traduisent la faiblesse des stratégies de dépistage adoptées jusque-là. Selon lui, les décès enregistrés ces dernières années sont liés au diagnostic établi tardivement. C’est ainsi que l’infectiologue d’Annaba a conclu que le dépistage est le point faible de la stratégie nationale et préconisera de recourir carrément au système de dépistage universel. Il expliquera que “l’on peut organiser et programmer le dépistage à l’occasion du contrôle effectué par des femmes enceintes, les tests de circoncision, le test prénatal, les examens exigés pour les métiers à risque…”. Et de préciser encore que la couverture thérapeutique antirétrovirale, qui a dépassé 90%, reste faible en raison du gisement des personnes non dépistées pour une raison ou une autre. Avant de clore son intervention, le professeur Laouar tirera la sonnette d’alarme sur la progression de l’épidémie dans le Grand-Sud, bien qu’elle soit cantonnée, uniquement, dans les grandes villes, à l’image de Tamanrasset marquée par la présence d’une forte population de migrants subsahariens. À en croire enfin le professeur Adel Zeddam, l’Algérie comptait jusqu’au 31 décembre 2016 plus de 13 000 cas, dont 10 219 suivent un traitement antirétroviral. Environ 200 morts sont enregistrés annuellement. Les autres interventions présentées lors de cette VIIIe Journée nationale de la Samic étaient d'un apport bénéfique avéré pour développer les processus de dépistage et de prise en charge de l’infection VIH/sida.


H. H.


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