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ILS PLAIDENT POUR UNE NOUVELLE LOI D’ORIENTATION

Les inspecteurs de tamazight interpellent le ministre


Dans le document ayant sanctionné leur réunion tenue avant-hier, à Bouira, les inspecteurs de tamazight représentant plus d’une vingtaine de wilayas, ont tenu à dénoncer “une volonté de confinement de cette matière scolaire dans un moment pédagogique marginal”. 

Selon les signataires de ladite déclaration, en dépit des assurances du ministre de l’Éducation nationale, lequel a réitéré le 2 septembre dernier, le statut national et officiel de la langue amazighe, on constate sur le terrain que “tamazight est programmée en dehors de la période d’enseignement par alternance”. 

Une situation qui risque de “compromettre la rentrée des classes”, ont-ils mis en garde. Sur sa lancée, le collectif des inspecteurs de tamazight a battu en brèche la démarche adoptée par le ministère de l’Éducation nationale qui consiste à “instruire les chefs d’établissement par téléphone pour refaire les emplois du temps”, estimant que celle-ci “peut être efficace un moment, mais ne permettra pas à l’enseignement de tamazight d’échapper à l’emprise d’administrateurs zélés”. 

À ce titre, les membres de la Cnila sont formels : “Faute de texte clair, explicite quant à l’intégration de tamazight dans la période d’enseignement par alternance de l’élève, le problème restera toujours posé.”  Pour eux, seule une nouvelle circulaire ou, du moins, une note explicative mettant un terme à l’équivoque créée par la circulaire du 14 août 2021 “peut mettre tamazight à l’abri d’influences malheureuses”. 

Évoquant les difficultés qui entravent l’enseignement de tamazight, ils affirment que “les dépassements sont légion”, citant, à titre d’exemple, le cas des enseignants de tamazight concernés par les compléments d’horaires, “qui doivent se trouver à la même heure de la journée dans deux écoles distantes l’une de l’autre, pour absence flagrante de concertation entre les chefs d’établissement employant un même enseignant”. 

Dans beaucoup de wilayas, soutiennent-ils, l’administration des écoles conditionne l’ouverture de nouvelles classes ou de groupes restreints de tamazight à l’accord des parents, “ce qui est en soi contraire à la circulaire n°63-2004”. C’est dire que les obstacles qui entravent la généralisation de cette langue ancestrale des Algériens ne se réduisent pas à l’emploi du temps de l’élève, ont-ils regretté.

Par ailleurs, la coordination des inspecteurs de tamazight demandent officiellement au ministre de l’Éducation nationale d’intervenir pour “mettre rapidement un terme à tous les dépassements constatés sur le terrain, en attendant une solution définitive”. Une solution qui viendra avec une nouvelle loi d’orientation abrogeant celle de 2008 qui fait de tamazight “une matière optionnelle”, estiment-ils.

 


KAMAL OUHNIA


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