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Alors que les cours du pétrole oscillent autour de 75 dollars

Les pays Opep et non-Opep rouvrent les vannes

©Archives Liberté

Le niveau de respect des engagements pris par les pays Opep et non-Opep signataires de l’accord de limitation de production conclu fin 2016 a atteint 152%, soit 52% de plus que l’objectif fixé. 

Les 14 pays de l’Opep et leurs 10 partenaires, qui n’en sont pas membres, ont convenu, hier au cours d’une réunion tenue à Vienne, de relever leur production. Mais, de combien sera-t-elle augmentée ?  
Les deux parties se sont en fait entendues sur le principe d’un accord d’accroissement de la production, dont les détails restent à préciser.  Le ministre saoudien de l’Énergie, par exemple, a affirmé, le vendredi 22 juin, que l’Opep augmentera, au total, sa production d’un million de barils par jour, mais la croissance réelle devrait, néanmoins, se limiter à 600 000 barils par jour. Hier, le ministre de l’Énergie, Mustapha Guitouni, a parlé d’un relèvement effectif de 757 000 barils/jour. Et, d’expliquer : “Le niveau de respect des engagements, pris par les pays Opep et non-Opep signataires de l’accord de limitation de production conclu fin 2016 à Vienne, a atteint 152%, soit 52% de plus que l’objectif fixé dans le cadre de cette entente.”  Les 52% correspondent en fait aux 757 000 barils/jour évoqués par le ministre Guitouni, une quantité qui n’a pas été produite, parce que l’accord de limitation de production ne le permettait pas.
Mais avec l’accord discuté et approuvé hier dans la capitale autrichienne, ce volume sera mis sur le marché. Selon le ministre de l’Énergie, il s’agit d’un accord “satisfaisant” qui sauvegarde, à la fois, les intérêts des consommateurs et ceux des producteurs. Souhaité par Riyad et Moscou, qui craignent une  surchauffe du marché sur fond de hausse de la demande et des cours, l’accord l’a été à l’arrachée. D’énormes concessions ont été, dit-on,  faites à l’Iran, en conflit avec l’Arabie saoudite et qui ne voulait pas d’une augmentation trop marquée de la production. L’Iran a pu sauver la face en assurant que le consensus dégagé à Vienne correspondait à ce qu'il avait “proposé et accepté”, à savoir “respecter l’accord à 100%, rien de plus”. Mais les investisseurs espéraient une mesure plus agressive, avec une hausse chiffrée des objectifs de production, note Pablo Shah, analyste chez CEBR, cité par des agences de presse. Les Saoudiens avaient insisté sur ce chiffre de 1 million de barils par jour, en en faisant la pub toute la semaine, rappelle M. McMonigle, repris par des médias. Signe, cependant, du scepticisme des investisseurs, le pétrole a clôturé en hausse vendredi soir, le Brent européen bondissant de 2,50 dollars à 75,55 dollars à Londres tandis que le WTI américain grimpait de 3,04 dollars à 68,58 dollars à New York. Ainsi, si l’objectif voulu par les architectes de l’accord était de faire baisser les prix du brut, ce n’est pas une réussite, a remarqué Joe McMonigle, analyste chez Hedgeye. La crainte des investisseurs est même de voir l’offre mondiale potentiellement reculer. L’Arabie saoudite voulait répondre aux inquiétudes des clients, notamment des pays émergents, qui voyaient les prix grimper, rappellent, dans une note, les analystes de Saxo Bank.

Youcef Salami