Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Usine de traitement des eaux du barrage de Taksebt

Les pots-de-vin de SNC-Lavalin versés dans des comptes à Genève


Empêtrée dans un scandale politico-judiciaire qui risque d’ébranler le gouvernement fédéral, la multinationale canadienne SNC-Lavalin a versé des pots-de-vin pour obtenir des marchés de plus de 4 milliards de dollars pendant 10 ans en Algérie.
Cet autre scandale a été révélé, jeudi, par une enquête de Radio Canada qui a suivi les péripéties du géant de l’ingénierie québécois dans le Maghreb.
Les contrats ont été obtenus grâce à l’implication d’un intermédiaire, dont l’entreprise est enregistrée dans un paradis fiscal des îles Vierges britanniques. Celui-ci a empoché la bagatelle de 22 millions de dollars. Les honoraires ont été versés dans un compte ouvert dans une succursale de la Banque royale du Canada (RBC) à Genève, en Suisse.
Selon l’enquête du diffuseur public, SNC-Lavalin a décroché pas moins de six contrats entre 2000 et 2005. En 2005, l’entreprise canadienne a obtenu le contrat de construction d’une usine de traitement des eaux du barrage de Taksebt à Tizi Ouzou pour un montant de 750 millions de dollars. L’usine a été exploitée par les Canadiens durant cinq ans avant de passer la main à l’Algérienne des eaux (ADE).
Pour réaliser le projet, SNC-Lavalin s’est associée avec les entreprises du Québécois Tony Accurso, accusé par la justice de fraude fiscale. Des employés de SNC-Lavalin, qui étaient sur place à Tizi Ouzou pendant la réalisation du chantier, ont fait état de “dépenses injustifiées” de quelque 10 millions de dollars pour, entre autres, l’achat de voitures de luxe, dont certaines ont été livrées à l’extérieur de l’Algérie. C’est ainsi qu’une partie de l’argent du projet de Taksebt se serait retrouvée dans des comptes à Genève, précise l’enquête. L’ancien vice-président de Sonatrach, Hocine Malti, a révélé l’existence d’une culture des pots-de-vin bien ancrée dans les marchés publics. “En Algérie, et dans le domaine pétrolier particulièrement, il est impossible d’obtenir un contrat sans payer un pot-de-vin quelque part”, soutient-il. Pour l’auteur de l’Histoire secrète du pétrole algérien, la culture de la corruption et des commissions s’est “pratiquement institutionnalisée” en Algérie.
Au micro de Radio Canada,
Hocine Malti explique comment les contrats sont obtenus grâce à des ententes secrètes de ministres et de généraux. Pour avoir travaillé dans des projets impliquant SNC-Lavalin, M. Malti évoque une coutume de commissions qui existe depuis longtemps chez le géant de la construction du Québec. “Il y a des pots-de-vin qui ont été versés par SNC-Lavalin”, lâche Hocine Malti. Interrogé, l’ex-colonel du DRS, Mohamed-Chafik Mesbah, a confirmé l’existence d’enquêtes sur la corruption, mais qui n’ont pas été menées à terme. “Oui, il y a eu des enquêtes qui ont été menées par le DRS et qui ont débouché sur des pistes probantes et matérielles. À ce moment-là, SNC-Lavalin nous a dit si vous continuez, nous allons donner la liste des bénéficiaires des commissions”, raconte l’ex-colonel du DRS, qui rappelle qu’il y a eu “des instructions à l’époque pour arrêter l’enquête”.
D’autres contrats lucratifs ont été raflés par SNC-Lavalin, comme le projet de construction de la centrale électrique de Hadjret Ennous et une usine de traitement de gaz pour un total de 2,5 milliards de dollars. Impliqué dans des négociations de contrats avec la multinationale canadienne, Farid Bedjaoui a été cité dans des affaires de corruption pendantes devant la justice, notamment en Italie et en Suisse. 



Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER