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A la une / Actualité

Certificat exigé pour l’autorisation de l’importation de certains produits

Les producteurs locaux se sentent lésés

Les importateurs doivent faire avec les écueils bureaucratiques. ©Archives Liberté

Les opérateurs économiques concernés qualifient cette décision de nouvelle contrainte qui s’ajoute au lot d’innombrables écueils bureaucratiques auxquels ils font face dans l’exercice de leur métier.

Décidément, le gouvernement use de tous les moyens, y compris les plus inadaptés, pour mettre en œuvre sa politique visant à réduire les importations. Pour peu qu’elles diminuent davantage la facture des produits importés, toutes les mesures, aussi antiéconomiques soient-elles, sont prises et mises en exécution par l’Exécutif. Depuis le début du mois de janvier en cours, date de l’entrée en vigueur de cette nouvelle réglementation régissant le commerce extérieur, il ne se passe pas un jour sans que des acteurs de la scène économique, relevant de différents secteurs, remettent en cause le dispositif mis en place par le ministère de tutelle. C’est la situation confuse vécue récemment par les importateurs avec la nouvelle note datant du 26 décembre dernier, adressée par l’Abef aux banques, les obligeant (les importateurs) à délivrer un certificat qui atteste la libre commercialisation du produit dans le pays d’origine au préalable d’une domiciliation bancaire. En effet, dans ce nouveau tour de vis sur les importations, il est précisé que “les demandes de domiciliation doivent être obligatoirement accompagnées par un certificat de libre circulation du produit dans le pays d’origine ou de provenance, établi par une autorité dûment habilitée dans le pays exportateur et/ou d’origine attestant que les marchandises à importer sont effectivement et librement commercialisées sur leur territoire”. Les opérateurs économiques concernés qualifient cette décision de nouvelle contrainte qui s’ajoute au lot d’innombrables écueils bureaucratiques auxquels ils font face dans l’exercice de leur métier. Ils estiment que cette disposition est entachée de nombreuses contradictions et d’ambiguïtés. C’est le cas des producteurs locaux de médicaments qui, à cause de cette condition, n’ont pu réaliser  d’opérations d’importation de matières premières entrant dans la fabrication de leurs produits pharmaceutiques. Pourtant, remarquent-ils, l’attestation exigée, au préalable, concerne essentiellement les produits finis destinés à la revente en l'état. “La banque exige ce document pour l’importation des intrants entrant dans la production locale, alors qu'il ne devrait être imposé que pour les produits finis destinés à la revente en l'état”, observent-ils. Or, en ces temps de crise où l’État décide d’encourager la production locale pour qu’elle puisse constituer cette substitution à l’importation, l’on continue à bloquer les fabricants locaux en leur exigeant une attestation au même titre que leurs concurrents directs. En termes plus clairs, “au lieu d’imposer ce document exclusivement pour les produits qui concurrencent les médicaments fabriqués en Algérie, le ministère de tutelle l’ordonne également aux laboratoires nationaux…”, déplore un des producteurs contacté hier. “C’est un non-sens que d’astreindre, à la fois, à l’importateur de produits finis et au producteur local cette même obligation”, commente-t-il. Il faut reconnaître, en outre, que cette exigence ne pourrait être satisfaite aisément. Car, des industriels dans de nombreux pays ne fabriquent leurs marchandises qu’au profit exclusif de l’Algérie. L’exemple des produits alimentaires “Halal” en est une preuve. Ces derniers peuvent être importés de pays non musulmans qui ne les commercialisent pas forcément sur leur territoire. C'est un mécanisme qui va causer de graves perturbations à la production locale.

Les contradictions et les ambiguïtés d’une note
Toutes ces tracasseries administratives qui viendront se greffer dans ce processus de fabrication engendreront un coût supplémentaire et retarderont encore plus la mise sur le marché des produits pharmaceutiques. D’où le risque d’enregistrer une pénurie de ces médicaments sur le marché. Par ailleurs, cette exigence a, dès le début, suscité moult interrogations quant à sa mise en application. Au début déjà, aucune précision n’a été donnée par l’Abef ou les autres autorités concernant les organismes habilités à fournir ce document de libre circulation. Pis encore, la note de l’Abef accompagnée du prototype de l’attestation sur laquelle les importateurs devront mentionner l’organisme compétent pour la certification du produit importé, et l’exemplaire du document en question, est établie uniquement en langue française. Ce qui met les autres importateurs à partir des pays non francophones à l’écart, tels que ceux qui importent de Chine, qui est l’un des plus gros fournisseurs de l’Algérie en 2017 avec plus de 8 milliards de dollars d’importations. L’on doit préciser aussi que cette règle touche seulement les produits destinés à la revente en l’état qui ne sont pas concernés par la suspension des importations parmi les 851 désignés. Interrogé à ce sujet, le ministre du commerce, Mohamed Benmeradi, soutient que cette mesure ne représente pas une contrainte et que beaucoup de pays la pratiquent. Il a fait savoir, dans ce sens, que les trois plus grands pays fournisseurs (la Chine, la France et l’Espagne), qui représentent près de 40% des importations algériennes, ont communiqué, par voie diplomatique, les formulaires à remplir, ainsi que les organismes habilités à certifier la circulation des produits dans ces pays. Cela dit, malgré toutes ces mesures, le gouvernement n’a pu réduire la facture des importations que de seulement un milliard de dollars en 2017.

B. K.


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